La Mongolie, nouvelle star de la diplomatie : entre manœuvres et illusions d’équilibre.
Le fait principal
La Mongolie, enclavée entre la Russie et la Chine, cherche à transformer sa vulnérabilité géographique en atout diplomatique. À travers la récente COP17 à Oulan-Bator, elle tente de redéfinir son rôle sur la scène internationale, tout en équilibrant ses relations avec ses puissants voisins.
Ce qui s’est passé
Le 28 août 2026, le président mongol Ukhnaagiin Khürelsükh a clôturé la COP17, une conférence des Nations unies sur la lutte contre la désertification. À peine trois jours plus tard, il se rendait à Bichkek pour rencontrer Xi Jinping et Vladimir Poutine. Ce contraste saisissant entre discussions sur l’environnement et négociations énergétiques souligne la stratégie mongole : passer d’un État-tampon à un État-charnière, capable de jouer un rôle stratégique dans la région.
Le contexte
La Mongolie fait face à une désertification alarmante, avec environ 77 % de son territoire dégradé. Cette situation engendre des défis économiques et sociaux, notamment l’exode rural vers Oulan-Bator. En choisissant d’internationaliser ses vulnérabilités, le pays espère attirer des investissements et diversifier ses partenariats, notamment avec des pays comme la France, le Japon et la Corée du Sud, tout en gardant un lien étroit avec Pékin et Moscou.
Les chiffres à retenir
– 77 % : Pourcentage du territoire mongol considéré comme dégradé.- 1,3 milliard de dollars : Montant annoncé pour la restauration des terres et la résilience à la sécheresse dans 23 pays.- 25 000 : Nombre de participants à la COP17, faisant de cet événement le plus grand sommet international organisé par la Mongolie depuis 2016.
Ce que cela révèle
Si la COP17 a permis à la Mongolie de briller sur la scène internationale, le bilan normatif est mitigé. Les négociations sur un protocole contraignant pour la sécheresse ont échoué, renvoyant le dossier à la prochaine COP. Cela illustre les limites de la diplomatie mongole, qui, malgré ses efforts, demeure tributaire des intérêts de ses voisins. La distinction entre État-tampon et État-charnière est donc plus pertinente que jamais : la Mongolie cherche à devenir un acteur central, mais cela dépendra de la volonté de ses voisins de l’inclure dans leurs projets.
Ce qu’il faut retenir
La Mongolie est à un tournant de sa diplomatie. En cherchant à diversifier ses partenaires et à internationaliser ses vulnérabilités, elle espère se transformer en un État-charnière. Reste à voir si cette stratégie sera suffisante pour lui donner un poids dans les décisions qui la concernent, face à l’ombre de la Russie et de la Chine.
Sources : UNCCD, Centre pour la diplomatie publique de l’université de Californie du Sud.
