« La loi sur le ‘permis de tuer’ suscite des inquiétudes chez les militants écologistes »
« La prochaine victime, ça pourrait être moi » : la loi sur le « permis de tuer » inquiète les militants écologistes
19 septembre 2026 à 07h00
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« C’est terrifiant », soupire Nour, membre d’Action Justice Climat et du réseau Les Impactrices. Comme d’autres militantes écologistes, elle sera dans la rue dimanche 20 septembre pour dire « non au permis de tuer ». Cette mobilisation nationale, à l’appel de plusieurs organisations, vise à s’opposer à une proposition de loi instaurant une présomption d’usage légitime des armes pour les policiers et gendarmes. Malgré une pétition ayant recueilli plus de 730 000 signatures, le texte a été adopté à l’Assemblée nationale le 7 juillet et est actuellement examiné par la Commission des lois constitutionnelles.
Nour déclare : « On nous habitue à accepter les violences policières et, désormais, cela concerne tout le monde ». Elle souligne que cette violence, initialement dirigée contre des personnes racisées ou des habitants des banlieues, s’étend désormais à des groupes variés tels que les Gilets jaunes et les militants écologistes. Pour elle, cette loi représente un « nouveau palier franchi dans l’impunité » accordée aux forces de l’État.
« Je suis une femme racisée, visiblement musulmane […] La prochaine victime, ça pourrait être moi », confie-t-elle. Elle s’inquiète de la difficulté à prouver la culpabilité d’un agent dans des cas de violences, même avec des témoins ou des vidéos. En 2025, 49 décès liés à des interventions des forces de l’État ont été recensés en France, dont certains ont suscité l’indignation, comme le tir mortel ayant tué Nahel Merzouk, 17 ans, à Nanterre en juin 2023.
Ange, 19 ans et militante d’Extinction Rebellion, partage également ses préoccupations. Elle a été témoin de l’augmentation de la répression lors des mobilisations écologistes. « J’ai déjà vu un policier sortir son arme dans une manifestation. Est-ce qu’il aurait tiré en se sachant à ce point protégé par la loi ? », questionne-t-elle.
Kaméra Vesic, directrice de l’association PikPik Environnement, souligne que cette loi contribue à un arsenal répressif visant à faire peur et à brider les contestations. En cette rentrée marquée par des mobilisations sociales, elle déplore que « sortir pour manifester, c’est désormais risquer de finir à l’hôpital ».
Elle évoque une manifestation du 1er mai, où son fils a été blessé par un flashball. La mort de Nahel Merzouk a été un tournant, marquant une convergence entre les luttes écologistes et antiracistes. Kaméra appelle à une mobilisation collective pour contrer la violence des forces de l’ordre, soulignant que toute personne qui manifeste pour une cause pourrait en être victime.
Source principale : Reporterre
