La loi d’urgence agricole veut donner carte blanche aux élevages intensifs

La loi d’urgence agricole : des mesures favorisant l’élevage intensif en débat

Le projet de loi d’urgence pour la souveraineté et la production agricoles, discuté par les députés depuis le 19 mai, vise à faciliter l’agrandissement des exploitations agricoles, notamment des élevages.

Lors de l’inauguration du Salon de l’Agriculture le 23 février, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a exprimé la nécessité de questionner la « taille critique » des fermes, plaidant pour leur agrandissement. Ce discours a marqué un tournant politique, matérialisé par le projet de loi d’urgence actuellement en discussion.

Ce texte, destiné à apaiser les mobilisations paysannes, aborde des questions sensibles comme l’utilisation de pesticides, la construction de mégabassines, et surtout, la simplification des procédures d’agrandissement des élevages jugés essentiels pour la souveraineté alimentaire. L’article 17 du projet de loi prévoit que le gouvernement puisse légiférer par ordonnance pour établir un cadre juridique spécifique aux élevages, ce qui soulève des inquiétudes quant à une possible industrialisation accrue du secteur.

Les modifications proposées permettraient au gouvernement de réformer divers aspects des élevages, tels que les règles de fonctionnement, l’évaluation des impacts environnementaux, et les consultations publiques. En optant pour des ordonnances, le gouvernement pourrait contourner le débat parlementaire sur ces réformes.

Des députés de l’opposition ont exprimé leurs réserves, craignant que seuls les intérêts des filières industrielles soient pris en compte. Parallèlement, des organisations comme L214 mettent en garde contre les conséquences environnementales potentielles de cette loi, notant que les élevages doivent rester soumis à des normes strictes en matière de pollution.

Actuellement, les élevages sont classés parmi les Installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE), ce qui implique des réglementations rigoureuses. La réforme envisagée pourrait les en retirer, ce qui suscite des critiques sur la nécessité de maintenir des standards environnementaux.

En outre, la loi d’urgence agricole pourrait restreindre la participation du public aux consultations sur les projets d’élevage, limitant ainsi l’implication citoyenne. Des amendements adoptés en commission prévoient de restreindre cette participation aux seuls riverains et personnes ayant un intérêt direct.

Le débat se poursuit, avec un vote solennel prévu le 2 juin. Les conséquences de cette loi pourraient transformer le paysage agricole français, favorisant une intensification des pratiques d’élevage au détriment de la régulation environnementale.

Source : Reporterre

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