
La justice tunisienne refuse à nouveau la libération provisoire à deux chroniqueurs
La justice tunisienne a de nouveau refusé, ce mardi 28 avril, la remise en liberté provisoire de deux chroniqueurs, dont l’ancien journaliste franco-tunisien de Canal+, Mourad Zeghidi. Ce dernier est jugé en appel aux côtés de Borhen Bsaies dans un procès qualifié par l’ONG Reporters sans frontières de « harcèlement judiciaire ».
À l’ouverture de l’audience devant la cour d’appel de Tunis, les avocats des deux hommes ont demandé le report des débats sur le fond afin de mieux se coordonner avec de nouveaux avocats récemment impliqués dans l’affaire. Après délibération, le tribunal a rejeté la demande de libération, mais a accepté le report, fixant une nouvelle audience au 12 mai.
Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies avaient été condamnés en première instance à trois ans et demi de prison pour « blanchiment d’argent » et « évasion fiscale ». Leur procès a débuté le 14 avril, et des diplomates de Belgique, du Royaume-Uni, des Pays-Bas et de l’ONU étaient présents lors de cette audience.
Les deux chroniqueurs avaient été arrêtés en mai 2024 pour des déclarations à la radio et à la télévision jugées critiques à l’égard du président Kaïs Saïed. Bien qu’ils aient été libérables en janvier 2025 après avoir purgé huit mois de prison, de nouvelles poursuites pour des malversations financières présumées ont été engagées contre eux.
À l’extérieur du tribunal, une vingtaine de personnes, incluant des défenseurs des droits et des proches des deux journalistes, se sont rassemblées pour exprimer leur soutien. Oussama Bouagila, directeur de l’ONG RSF pour l’Afrique du Nord, a déclaré : « Un journaliste ne peut pas être poursuivi pour son travail journalistique. » Inès, la fille de Mourad Zeghidi, a ajouté : « On est fatigués, il faut que ça cesse. »
Source : AFP





