
La guerre en Iran redéfinit le secteur des énergies fossiles, selon le patron de l’AIE
La guerre actuelle au Moyen-Orient a des répercussions majeures sur l’approvisionnement pétrolier mondial, incitant les pays à reconsidérer leur dépendance aux énergies fossiles. Fatih Birol, directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), a déclaré dans une interview au Guardian que cette situation pourrait marquer un tournant décisif pour l’industrie des combustibles fossiles.
Birol souligne que la guerre entre les États-Unis et l’Iran pourrait entraîner une perte de confiance des pays dans les combustibles fossiles, entraînant une réduction de la demande. Selon lui, les gouvernements vont réévaluer leurs stratégies énergétiques, favorisant ainsi un développement accru des énergies renouvelables et du nucléaire. Il prédit également une transition vers un avenir électrifié, impactant les principaux marchés pétroliers.
« Leur perception du risque et de la fiabilité va évoluer. On assistera à un essor important des énergies renouvelables et du nucléaire », affirme Birol, ajoutant qu’il sera difficile de revenir en arrière après cette crise. « Le vase est brisé, les dégâts sont faits, il sera très difficile de recoller les morceaux. Cela aura des conséquences permanentes sur les marchés mondiaux de l’énergie pour les années à venir. »
De son côté, Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, a évoqué la nécessité de renforcer la résilience face aux blocages dans le détroit d’Ormuz. Il a proposé d’investir dans de nouveaux pipelines pour réduire la dépendance à ce passage maritime stratégique. Selon lui, la situation actuelle souligne le besoin d’alternatives au détroit d’Ormuz, qui représente un point névralgique pour le transit de l’énergie.
Depuis le début de la guerre fin février, la navigation dans le détroit d’Ormuz, par où transite habituellement un cinquième du pétrole et du gaz consommés dans le monde, est quasiment paralysée par des actions iraniennes, exacerbées par des blocus américains. Seules quelques embarcations, majoritairement liées à l’Iran, ont réussi à traverser cette zone.
La dynamique actuelle pourrait donc entraîner une transformation significative et durable du paysage énergétique mondial, marquant un tournant vers des sources d’énergie plus diversifiées et durables.
Source : The Guardian





