
De la scorie bientôt exportée chez nos voisins du Pacifique
Niue, Kiribati, Nauru, Îles Cook, Îles Marshall, Tonga, Tuvalu et Vanuatu sont les huit États insulaires qui ont manifesté un intérêt marqué pour la scorie, un matériau pouvant remplacer le sable naturel dans la composition du béton. En 2025, ces pays ont sollicité l’appui de la France pour examiner les conditions d’accès à ce matériau, actuellement stocké à hauteur de 25 millions de tonnes à l’entrée de la ville, au pied de la SLN à Doniambo.
Véronique Roger-Lacan, ambassadrice de France pour le Pacifique, a souligné lors d’une conférence de presse le 6 mai que l’utilisation de la scorie pourrait réduire la pression sur les écosystèmes marins. « Pour l’instant, ils creusent leur lagon pour récupérer du sable, ou sinon ils explosent leur récif pour écraser le corail et en faire des agrégats », a-t-elle déclaré. La scorie pourrait donc être utilisée dans divers domaines, tels que la construction de bâtiments, le terrassement, et l’aménagement de quais ou de digues, contribuant ainsi à la lutte contre l’érosion côtière et la montée du niveau de la mer.
Le secrétariat permanent pour le Pacifique, en collaboration avec le gouvernement calédonien, a initié une étude régionale pour analyser les conditions d’utilisation et d’exportation de la scorie. Cette étude, pilotée par le Centre pour l’attractivité du nickel et son environnement (CNRTEC) et le Sustainable Minerals Institute de l’Université du Queensland, vise à établir un cadre régional consolidé pour l’emploi de la scorie dans ces États. La restitution des résultats est attendue pour la fin de l’année, avec des projets pilotes pouvant démarrer dès 2027 dans les pays volontaires, notamment Kiribati, les Îles Marshall et Tonga.
Un enjeu majeur reste le coût du transport de ce matériau. La troisième phase du projet impliquera des discussions avec des partenaires potentiels pour financer le transport, qui peut s’avérer coûteux. Les Îles Marshall ont déjà signé un contrat pour l’achat de 30 000 tonnes de scorie, afin de soutenir l’agrandissement de leur aéroport et de leur port.
Ce programme régional pourrait également ouvrir des opportunités pour le savoir-faire du secteur du BTP calédonien, favorisant la création de filières au bénéfice de la Nouvelle-Calédonie.
Source : LNC.nc





