
La nature continue de se dégrader : à quand des politiques publiques efficaces ?
Table des matières
- Une évaluation périodique européenne
- En France, des résultats toujours aussi mauvais mais variables selon les territoires
- Des résultats mauvais mais variables selon les territoires
- Loup : une évaluation politique et non scientifique
- Une tendance au déclin forte et qui s’accentue
- Les principales causes identifiées et déjà connues : à quand des politiques publiques efficaces ?
Les résultats de l’évaluation périodique de « l’état de santé » d’un certain nombre d’habitats naturels et d’espèces sauvages viennent d’être publiés. Établis à l’échelle du territoire hexagonal, ils montrent qu’une large majorité de ces habitats et espèces n’est pas dans un bon état et que les tendances à la détérioration augmentent.
Une évaluation périodique européenne
Depuis le début des années 2000, chaque État membre de l’Union européenne est tenu d’évaluer, tous les 6 ans et sur l’ensemble de son territoire, l’état de conservation d’un certain nombre d’habitats naturels et d’espèces sauvages qualifiés « d’intérêt communautaire » car ils sont menacés ou caractéristiques des territoires à l’échelle européenne. Cette évaluation est complétée par une analyse spécifique pour les espèces d’oiseaux.
En France, des résultats toujours aussi mauvais mais variables selon les territoires
La France accueille, sur son territoire hexagonal, 129 habitats et 307 espèces d’intérêt communautaire, ainsi que 340 espèces d’oiseaux concernés par ce rapportage périodique. Les résultats de leur état de conservation sur la période 2019-2024 montrent que seuls 16,5 % des habitats naturels et 23,8 % des espèces (hors oiseaux) d’intérêt communautaire sont dans un état de conservation favorable. Les habitats herbacés, côtiers, d’eau douce et tourbeux sont les plus nombreux à être en mauvais état.
Il est à noter que l’état de conservation de certains habitats et espèces n’a pas pu être établi faute de connaissances suffisantes, notamment en mer, où les espèces et habitats marins représentent plus de la moitié des cas « inconnus ».
Des résultats mauvais mais variables selon les territoires
Les résultats à l’échelle du territoire hexagonal sont variables selon les régions. Les régions Atlantique et Continentale sont les plus en mauvais état, tandis que la situation est préoccupante pour les habitats naturels du pourtour méditerranéen.
Loup : une évaluation politique et non scientifique
France Nature Environnement s’étonne des résultats concernant le loup, considéré en bon état de conservation dans les régions alpine, continentale et méditerranéenne. Pourtant, pour ces deux dernières, il n’y a qu’une seule meute installée dans chacune. Malgré ces données, le Ministère en charge de la Transition écologique est intervenu pour que le loup soit classé comme étant en bon état de conservation dans ces régions, une intervention jugée inacceptable par les experts.
Une tendance au déclin forte et qui s’accentue
Ce rapport estime que la tendance de population à long terme est négative pour 33 % des oiseaux nicheurs de l’hexagone. Par ailleurs, l’état de conservation de 39,1 % des habitats et des espèces (hors oiseaux) d’intérêt communautaire continue à se détériorer entre 2019 et 2024.
Les principales causes identifiées et déjà connues : à quand des politiques publiques efficaces ?
Les synthèses des résultats publiés indiquent que les pressions les plus fréquemment citées pour expliquer ces résultats sont, en premier lieu, les pratiques agricoles et forestières, suivies par l’urbanisation et le changement climatique. La chasse et la pêche sont également citées pour leurs impacts sur les oiseaux. Ces causes étaient déjà considérées comme les principales pressions dans les précédentes évaluations.
À l’heure où les politiques publiques qui se décident vont accentuer ces pressions sur la nature, France Nature Environnement appelle à leur réorientation.
Source : France Nature Environnement



