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La déconstruction navale en Nouvelle-Calédonie : enjeux et perspectives
En quoi ce chantier est-il colossal à l’échelle du pays ?
Lancé il y a près de trois ans, le chantier de déconstruction des patrouilleurs P400 La Moqueuse et La Glorieuse a débuté en janvier dernier. Ce projet, qui se déroule principalement à Nouméa, représente une première pour la Nouvelle-Calédonie, impliquant le traitement d’environ 500 tonnes de matériaux. Samuel Hnepeune, membre du gouvernement en charge des affaires maritimes, souligne l’importance technique de cette opération, qui requiert une expertise significative.
La décision de mener ces opérations localement, plutôt que de les confier à des établissements en métropole, repose sur des considérations économiques. En raison des distances en Nouvelle-Calédonie, la Marine nationale a constaté que le démantèlement local permettrait de réduire les coûts. Le capitaine de frégate Grégoire Renaud a précisé que l’étude de faisabilité a révélé que la Calédonie possède les compétences nécessaires pour respecter les délais et les normes environnementales exigées.
Que vont devenir les déchets de ce chantier ?
Un des enjeux majeurs de ce projet concerne le traitement des déchets, y compris des matières dangereuses. Pour garantir la conformité aux normes françaises en matière environnementale et sécuritaire, le chantier a dû adapter ses procédés. Deux entreprises locales, EMC et AMPE, sont chargées de la dépollution et du traitement des matériaux, qui seront traités différemment selon leur nature.
Les déchets non dangereux, tels que le bois et certains plastiques, seront enfouis au centre de Gadji. D’autres matériaux, comme les peintures et les déchets électroniques, seront traités dans le centre de Promed à Ducos. La valorisation des coques de bateaux et des structures amiantées sera également effectuée par EMC, qui les revend à l’export.

Quel budget et quel impact pour l’économie ?
Le budget prévisionnel pour ce chantier est estimé à 160 millions de francs, permettant d’employer une centaine de salariés issus d’entreprises locales comme EMC, AMPE et Sorecal. Cependant, des investissements supplémentaires de près de 120 millions de francs ont été nécessaires pour adapter les infrastructures, notamment la cale de halage, aux dimensions des navires.
Les différentes phases, allant de la dépollution à la déconstruction, devraient s’achever d’ici début 2027. Ce chantier ne se limite pas à un simple démantèlement ; il représente également une opportunité pour le développement d’une filière de maintenance navale en Nouvelle-Calédonie, un sujet souvent évoqué depuis plusieurs années.
Vers un hub maritime régional ?
Le port autonome, actuellement doté de cales de halage de 200 et 1 000 tonnes, envisage de créer une véritable filière de maintenance et de déconstruction navale. Cela pourrait réduire la dépendance des navires pour leurs visites techniques en Australie ou en Nouvelle-Zélande. Samuel Hnepeune a affirmé que la création d’un pôle d’excellence en matière de déconstruction navale fait partie de ses priorités.
Il est crucial d’anticiper les coûts pour maximiser les bénéfices économiques de cette initiative. Si la Nouvelle-Calédonie parvient à capter 15 à 20 % du trafic maritime régional, cela pourrait transformer le territoire en un véritable hub maritime dans le Pacifique.
Pour ceux qui souhaitent explorer les options de transport maritime ou aérien, il est conseillé de réserver à l’avance, afin de comparer les tarifs et éviter les frais imprévus.
En conclusion, la déconstruction des patrouilleurs La Moqueuse et La Glorieuse ne représente pas seulement un défi technique, mais également une opportunité économique significative pour la Nouvelle-Calédonie. Ce chantier pourrait bien être le point de départ d’une nouvelle ère pour la maintenance navale dans la région.





