« La contrainte climatique ne freine pas la demande touristique, elle la transforme »

La contrainte climatique ne freine pas la demande touristique, elle la transforme

La fermeture du détroit d’Ormuz a entraîné une hausse significative des prix du kérosène et des billets d’avion, ce qui devrait réduire le trafic aérien. Cette situation soulève des interrogations sur l’avenir du tourisme.

Les comportements des consommateurs évoluent depuis un certain temps. Selon une enquête Ipsos BVA pour l’Agence nationale pour les chèques-vacances (ANCV), publiée en mai 2025, 72 % des Français ont effectué des séjours en milieu rural au cours des deux dernières années. Ce chiffre indique une réorientation vers des destinations plus proches et moins densément peuplées, favorisant des expériences plus sobres et une approche renouvelée du temps et des paysages.

Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de sensibilisation accrue aux enjeux climatiques. Une autre enquête Ipsos BVA, réalisée pour le Réseau action climat en octobre 2025, révèle que 93 % des Français estiment que les événements climatiques extrêmes sont en augmentation, dont 57 % « beaucoup ». Le climat influence désormais les choix de destination et les critères d’évaluation des offres touristiques.

Le secteur du tourisme, qui représente près de 9 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, subit cette transformation. Loin d’être perçue comme une contrainte, la nécessité de réduire l’empreinte carbone redéfinit les imaginaires du voyage.

À l’échelle internationale, 63 % des voyageurs souhaitent intégrer des destinations moins fréquentées et plus authentiques dans leurs projets. Le phénomène des séjours « Jomo » (Joy of Missing Out) illustre cette tendance, où 62 % des voyageurs affirment que ces expériences contribuent à réduire leur stress. Par ailleurs, 61 % des voyageurs privilégient des expériences liées à la nature et des hébergements situés dans des espaces préservés.

La demande pour des loisirs actifs et participatifs s’accroît, les voyageurs cherchant à s’impliquer et à apprendre. Les ateliers créatifs, axés sur des savoir-faire locaux, témoignent de cette évolution.

De nouveaux modèles de tourisme émergent, comme l’hospitalité agricole, où l’hébergement est lié à une activité de production. Pour les acteurs du secteur, il est crucial de s’adapter à cette demande croissante pour des modèles plus sobres et qualitatifs, redéfinissant ainsi la chaîne de valeur du tourisme.

La transition vers un tourisme durable représente un avantage concurrentiel pour ceux qui sauront anticiper ces changements. Alors que certains discours politiques semblent s’éloigner des ambitions climatiques, une part croissante des citoyens façonne déjà un modèle économique du tourisme plus résilient et durable.

Source : La Croix

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