La Chine vient d’envoyer des embryons « humains » dans l’espace, et ce n’est pas de la science-fiction

Avec la mission Shenzhou-23 qui vient de démarrer, les astronautes chinois vont mener des recherches sur des embryons artificiels qui ressemblent à ceux produits par les humains. Le but : savoir comment pourrait se passer une naissance en microgravité.

La question de la possibilité de faire des bébés dans l’espace est soulevée depuis des décennies, mais elle demeure taboue dans le secteur spatial. Y répondre nécessiterait des expériences éthiquement discutables impliquant des astronautes, sans compter les risques associés à une grossesse ou une naissance en microgravité.

La Chine teste actuellement une méthode moins intrusive. Selon le South China Morning Post, la télévision officielle chinoise CCTV a rapporté le 13 mai 2026 que cette expérience a débuté avec la mission Shenzhou-23. Les trois astronautes sont arrivés à bord de la station orbitale Tiangong, où ils resteront plusieurs mois, et l’un d’entre eux pourrait y passer jusqu’à un an.

Des embryons humains… mais surtout, artificiels

Parmi les diverses expériences menées, les astronautes étudieront des thématiques liées à la santé, la construction de matériaux innovants, l’exploration spatiale et la biologie.

Les astronautes ont embarqué des embryons artificiels, conçus à partir de cellules souches pour imiter la structure d’embryons humains. Il est important de préciser que ces embryons ne sont pas destinés à créer des humains artificiels dans l’espace.

Ces embryons ne pourront pas dépasser un certain stade de développement, correspondant à une croissance avant l’apparition des organes, soit entre 14 et 21 jours après la fertilisation. Les astronautes observeront uniquement leur développement à ce stade précoce, où des anomalies peuvent être détectées, afin d’étudier les effets de la microgravité sur ce processus.

Des entraves éthiques nécessaires

Des expériences similaires ont été réalisées dans l’ISS avec des embryons de souris, qui ont montré un développement normal. Cependant, la situation est différente pour les humains. Les recherches menées par les scientifiques chinois visent à répondre en partie à cette question, tout en respectant des limites éthiques strictes. En général, les recherches sur les cellules souches ne peuvent excéder 14 jours, mais des cas spécifiques, comme cette expérience, permettent d’aller au-delà sous des conditions rigoureuses.

Les embryons seront développés pendant cinq jours avant d’être congelés et ramenés sur Terre pour des analyses approfondies.

Les recherches menées dans Tiangong visent aussi à comprendre comment un développement anormal de l’embryon peut conduire à des maladies sur Terre.

Source : South China Morning Post.

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