Mali: Kidal sous contrôle rebelle, incertitudes sur le devenir de la junte

Mali : Kidal sous contrôle rebelle, incertitudes sur le devenir de la junte

Les rebelles touareg au Mali, alliés aux groupes jihadistes, ont pris le contrôle de la ville stratégique de Kidal dans le nord, après une série d’attaques d’ampleur contre des positions de la junte militaire, plongeant le pays dans une incertitude profonde quant à l’avenir du régime militaire.

Le gouvernement malien se trouve dans une situation critique, sans précédent depuis le coup d’État de 2020. Le ministre de la Défense, Sadio Camara, a été tué, et le général Assimi Goïta, chef de la junte, n’a pas été vu ni entendu depuis le début des hostilités samedi matin.

Le Mali traverse une grave crise sécuritaire suite à des attaques menées par des jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), allié à Al-Qaïda, et par la rébellion indépendantiste touareg du Front de libération de l’Azawad (FLA). Ce pays sahélien est en proie à des conflits et violences jihadistes depuis 2012.

Kidal, qui a été reprise par l’armée malienne il y a trois ans, s’est réveillée ce lundi sous le contrôle des rebelles. Des images authentifiées par l’AFP montrent des membres du FLA, armés et en turbans, défilant dans la ville. Le FLA a annoncé avoir conclu un « accord » permettant le retrait des mercenaires russes de l’Africa Corps de Kidal.

Dimanche soir, le chef d’État-major de l’armée a évoqué une « réadaptation » et un « repositionnement » des forces militaires dans la localité d’Anéfis, située à 100 kilomètres de Kidal. Après deux jours de combats intenses, un calme précaire a été observé à Kati, une ville-garnison près de Bamako, la capitale.

À Bamako, la vie quotidienne semble reprendre son cours, avec des marchés et des écoles ouverts. Cependant, des militaires lourdement armés demeurent visibles dans la capitale, bien que les barrages érigés autour des camps militaires aient été levés.

Les autorités militaires ont décrété deux jours de deuil national en hommage à Sadio Camara, tué lors des attaques. La Coalition des forces pour la République (CFR) a appelé à la démission de la junte et à l’ouverture d’une « transition civile, républicaine et inclusive ».

La situation actuelle, marquée par des attaques coordonnées et la présence des groupes armés, est sans précédent depuis près de 15 ans et les événements de mars 2012. Le bilan des affrontements reste incertain, avec des autorités annonçant 16 blessés et des « dégâts matériels limités », mais le bilan réel pourrait être plus lourd, en particulier parmi les civils.

Source : AFP

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