
Keir Starmer sous pression au Parlement face à l’affaire Mandelson-Epstein
Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a été confronté à de vives critiques lors de son intervention devant la Chambre des communes, lundi 20 avril. Le dirigeant travailliste, dont la popularité est en chute, a reconnu avoir commis une erreur en nommant Peter Mandelson, ancien membre éminent du Parti travailliste, ambassadeur aux États-Unis. Cette nomination controversée a été entachée par les liens de Mandelson avec Jeffrey Epstein, un criminel sexuel notoire. Starmer a démenti avoir trompé le Parlement à ce sujet.
« Au cœur de tout cela, il y a aussi une erreur de jugement de ma part. Je n’aurais pas dû nommer Peter Mandelson. J’assume la responsabilité de cette décision et je présente à nouveau mes excuses aux victimes de Jeffrey Epstein », a-t-il déclaré.
Starmer a été fragilisé par cette affaire, qui a pris de l’ampleur après qu’il a limogé Mandelson en septembre dernier, l’accusant d’avoir menti sur ses liens avec Epstein. Les révélations du journal The Guardian indiquent que le ministère des Affaires étrangères avait accordé une habilitation de sécurité à Mandelson pour ce poste en janvier 2025, malgré un avis défavorable du service chargé de contrôler ses antécédents. Starmer a affirmé qu’il n’avait pas été informé de cet avis avant le mardi précédent.
« Si j’avais su que l’avis du service chargé des vérifications était de refuser l’habilitation de sécurité, je n’aurais pas donné suite à cette nomination », a-t-il ajouté, qualifiant d’« inacceptable » d’avoir été laissé dans l’ignorance.
Peu après ces révélations, Starmer a limogé Olly Robbins, le plus haut fonctionnaire des services diplomatiques, suscitant des accusations de bouc émissaire. Les dirigeants de l’opposition réclament sa démission, le qualifiant de « faible, fainéant et incompétent ».
David Lammy, vice-Premier ministre, a défendu Starmer, affirmant qu’il n’aurait jamais nommé Mandelson s’il avait eu connaissance de l’avis défavorable. Des documents officiels ont révélé que Starmer avait été averti des risques réputationnels liés à cette nomination.
L’affaire Mandelson a déjà conduit Starmer à présenter des excuses en février, après que son chef de cabinet et son directeur de la communication ont démissionné. Si Starmer parvient à convaincre les députés, il devra néanmoins faire face à des élections locales début mai, qui s’annoncent difficiles pour le Parti travailliste.
Source : AFP






