Kamel Daoud annonce avoir été condamné à trois ans de prison ferme en Algérie, accusé d’avoir repris l’histoire d’une femme algérienne pour son roman « Houris »

Kamel Daoud condamné à trois ans de prison en Algérie pour son roman « Houris »

L’écrivain franco-algérien Kamel Daoud a annoncé, dans un message publié sur X le 22 avril, qu’il avait été condamné à trois ans de prison ferme en Algérie pour son roman « Houris ». Le verdict a été rendu le 21 avril, à l’issue d’un procès qui s’est tenu le 7 avril 2026. En plus de la peine d’emprisonnement, Daoud a également été condamné à une amende de cinq millions de dinars algériens, conformément à la Charte pour la paix et la réconciliation nationale.

Dans son message, l’auteur a souligné que cette décision est sans précédent dans l’histoire algérienne, déclarant : « le texte réprime l’évocation publique de la guerre civile. Dix ans de guerre, près de 200 000 morts selon les estimations, des milliers de terroristes amnistiés… et un seul coupable : un écrivain. »

Son ouvrage, qui a reçu le prix Goncourt en 2024, raconte l’histoire d’Aube, une jeune femme muette après avoir été attaquée par un islamiste en 1999. Le livre ne peut pas être publié en Algérie en raison d’une loi interdisant tout écrit sur la décennie noire, période de violences qui a fait au moins 200 000 victimes.

Suite à la publication de « Houris », une Algérienne, Saâda Arbane, a accusé Daoud d’avoir plagié son histoire, elle-même rescapée d’un massacre durant cette période. Arbane, suivie par l’épouse de l’écrivain, a affirmé qu’elle avait refusé à plusieurs reprises d’autoriser l’utilisation de son récit.

Se considérant trahie, elle a engagé des poursuites judiciaires, tant en Algérie pour « violation du secret médical » qu’en France pour « atteinte à la vie privée ». Par ailleurs, Kamel Daoud fait l’objet de deux mandats d’arrêt internationaux émis par l’Algérie en mai 2025, accusations qu’il rejette, affirmant que son roman est une œuvre de fiction.

Source : Le Monde avec AFP.

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