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« Je bois beaucoup moins » : pourquoi les jeunes tournent le dos à l’alcool

Publié le 01/05/2026 à 06h30
Temps de lecture : 5 min

Moins présent dans les verres, mais pas totalement absent des soirées : les jeunes générations transforment leur rapport à l’alcool. Entre quête de bien-être, évolution des normes sociales et essor des alternatives, les habitudes changent en profondeur.

À 30 ans, Anaïs témoigne de cette évolution : « Je n’ai pas arrêté, mais je bois beaucoup moins. Depuis le début de l’année, j’ai à peine bu six verres. » Après un Dry January prolongé en février, elle a modifié ses habitudes : « La semaine, je ne bois plus. Je bois seulement pour des événements festifs, comme les anniversaires, mais ça reste exceptionnel. » Ce changement est souvent inspiré par l’entourage, comme le souligne Anaïs : « Mon copain a arrêté définitivement depuis octobre, il est sportif et ça le fatiguait. »

Les chiffres confirment cette tendance. Selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), la part de collégiens ayant déjà consommé de l’alcool a fortement reculé, passant de 60 % en 2018 à 43,4 % en 2022. Chez les lycéens, l’expérimentation de l’alcool est passée de 85 % à 68,3 % sur la même période. Ivana Obradovic, directrice adjointe de l’OFDT, précise : « On observe une tendance de baisse de consommation de toutes les drogues chez les jeunes, surtout le tabac, l’alcool et le cannabis. »

Cette évolution s’inscrit dans un changement de mentalités. L’alcool est de plus en plus perçu comme nocif, souvent associé aux violences routières ou sexuelles, et moins lié à l’idée de convivialité. Les jeunes sortent également moins dans les bars et passent plus de temps sur les réseaux sociaux, réduisant ainsi les occasions de consommer.

Un autre facteur marquant est le rapport à la maîtrise de soi. « Il y a un vrai rejet de l’idée de dépendance. Les jeunes revendiquent davantage le contrôle d’eux-mêmes », souligne Obradovic. Pour certains, l’arrêt de l’alcool est motivé par des raisons de santé. Sandrine, 60 ans, a radicalement changé ses habitudes après des années de consommation excessive, et Isabelle, abstinente depuis trois ans, opte pour des alternatives comme le « Dartiny », un champagne sans alcool.

Pour les plus jeunes, le rapport à l’alcool est souvent différent. Eva, 31 ans, n’a jamais été attirée par ces boissons, ayant grandi dans un milieu où l’alcool était présent. Elle note que, de nos jours, ne pas boire n’est plus perçu comme un handicap social.

Cette évolution culturelle se reflète également dans les pratiques des bars. À Rouen, certains établissements constatent une hausse de la demande pour les boissons sans alcool. Un professionnel du bar Le Prêchoir indique que « les boissons sans alcool représentent le quatrième poste de dépenses du bar, devant le vin. »

Ainsi, entre recherche de bien-être, nouvelles normes sociales et innovations dans les boissons, l’apéritif se réinvente peu à peu, avec ou sans alcool.

Source : Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT)

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