
Iran : L’expansion de la guerre entraîne un renforcement de la répression des médias, laissant un vide d’information
Iran se classe parmi les pays les plus répressifs en matière de liberté de la presse. Dans l’Index mondial de la liberté de la presse 2026, Reporters sans frontières (RSF) a classé l’Iran au 177e rang sur 180 pays, derrière l’Afghanistan, dirigé par les talibans, qui se trouve au 175e rang.
La guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran a exacerbé les conditions de reportage, selon des journalistes et des observateurs des médias. Les autorités iraniennes ont intensifié leur contrôle sur le récit public durant cette période de crise. Des journalistes en Iran rapportent que les conditions de guerre ont renforcé cette emprise.
Un journaliste travaillant pour un média iranien bien connu a déclaré que sa publication était désormais sous une surveillance accrue, avec des instructions éditoriales venant d’en haut sur la manière de traiter la couverture. Ce journaliste a également indiqué que le site web du journal n’est pas accessible depuis l’extérieur de l’Iran, et que seuls quelques médias proches de l’establishment sécuritaire semblent avoir un accès fiable à Internet global.
RSF a signalé en mars que les journalistes en Iran faisaient face à un blackout informationnel tout en tentant de rapporter sous des conditions de guerre dangereuses. Le groupe a également mentionné que certains reporters avaient reçu des appels menaçants provenant d’institutions liées à l’État.
L’accès à l’information à l’intérieur de l’Iran a été « sévèrement restreint », les journalistes travaillant sous le feu des bombardements tout en subissant des pressions de la part des institutions étatiques.
En parallèle, des restrictions sévères sur Internet ont limité le flux d’informations sortant d’Iran. En avril, l’agence de presse Reuters a rapporté que l’Iran avait entamé son troisième mois de blackout Internet, avec des autorités introduisant un accès limité pour certaines entreprises dans le cadre d’un programme temporaire appelé « Internet Pro ». Ce blackout, qui a commencé le 8 janvier, a été brièvement assoupli en février avant d’être réimposé le 28 février, au début de la guerre.
Cela a créé un système d’information à deux vitesses. Alors que la majorité de la population n’a pas accès à Internet, certains journalistes affirment qu’un petit nombre d’acteurs et d’institutions médiatiques ont reçu des exceptions. Une journaliste iranienne a rapporté que certains de ses collègues avaient tenté de rassembler des noms pour obtenir des « cartes SIM blanches », qui permettraient un accès plus libre à Internet international pour ceux approuvés par les agences de sécurité.
Les journalistes à l’intérieur de l’Iran décrivent un climat où même le reportage de routine est devenu risqué, notamment autour de sites sensibles ou d’événements politiquement chargés. Un journaliste basé à Téhéran a fait état de l’impossibilité de reporter de manière indépendante, certains reporters accrédités ayant été brièvement détenus et leurs images supprimées.
Les médias d’État continuent de présenter les reportages non autorisés comme nuisibles à la sécurité nationale, confinant ainsi les médias domestiques à une version officielle des événements et évitant de publier des détails sensibles sur le terrain, y compris l’état d’esprit du public et l’impact humain de la guerre.
La répression s’étend également aux journalistes de la diaspora, avec des avertissements émis par Téhéran à l’encontre des Iraniens à l’étranger qui soutiennent publiquement les États-Unis et Israël, leur faisant savoir qu’ils pourraient faire face à des conséquences légales, y compris la confiscation de leurs biens en Iran.
La répression accrue des journalistes et les restrictions sur l’accès à l’information contribuent à créer un vide informationnel en Iran, rendant plus difficile la compréhension de la situation sur le terrain par les citoyens, les journalistes et le monde extérieur.
Source : Reporters sans frontières




