Influence en France : structurer son activité aide les créateurs à diversifier leurs revenus
Le marché du marketing d’influence progresse, mais les revenus restent concentrés parmi une minorité de créateurs. Dans un texte publié le 24 septembre 2026, Adham Hassan met en avant un facteur de différenciation : la structuration de l’activité, de la production à la diversification des revenus.
Un marché en croissance, des revenus inégalement répartis
Au printemps 2026, l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) et France Pub ont évalué à 587 millions d’euros les investissements des annonceurs en marketing d’influence en France pour 2025. Ils ont progressé de 13,1 % en un an, tandis que les dépenses de communication dans leur ensemble reculaient de 1,3 %.
À l’échelle mondiale, Goldman Sachs estimait l’économie des créateurs à 250 milliards de dollars en 2023 et projetait qu’elle pourrait atteindre près de 480 milliards en 2027. Ces perspectives ne signifient toutefois pas que les revenus bénéficient à tous de la même manière : selon les travaux de la banque, seuls 4 % des quelque 50 millions de créateurs recensés dépassent 100 000 dollars de revenus annuels.
Organiser l’activité au-delà de la création
Pour Adham Hassan, l’écart de rémunération ne s’explique pas seulement par la taille de l’audience ou par le talent individuel. Les créateurs les mieux rémunérés ont aussi tendance à traiter leur activité comme une entreprise média : ils s’appuient sur des équipes de production ou de montage, planifient leurs publications et construisent leur stratégie de revenus sur plusieurs années.
Cette organisation leur permet de mieux maîtriser les différentes étapes de leur activité, de la fabrication des contenus jusqu’au lien avec leur communauté. Elle peut aussi faciliter la mise en place de revenus complémentaires, alors qu’une activité reposant essentiellement sur des campagnes de marques reste exposée aux fluctuations des budgets marketing et aux changements de règles des plateformes.
Diversifier les revenus pour limiter la dépendance
Les partenariats de marque représenteraient environ 70 % des revenus des créateurs, selon les estimations de Goldman Sachs citées par Hassan. L’auteur souligne que cette concentration rend les revenus sensibles aux renégociations fréquentes des contrats et aux décisions des plateformes.
Les abonnements, la formation, les formats longs ou la vente de produits propres figurent parmi les pistes de diversification évoquées. Elles ne garantissent pas à elles seules une stabilité financière, mais peuvent réduire la dépendance à une source unique de financement.
Une activité qui mobilise d’autres métiers
La professionnalisation du secteur concerne aussi les personnes qui travaillent autour des créateurs. Monteurs, réalisateurs, scénaristes et chargés de partenariats participent à la production et au développement des contenus. Hassan estime que la structuration de cette économie peut favoriser la création d’emplois qualifiés, au-delà des créateurs visibles du public.
Le cadre collectif reste toutefois à consolider. La loi du 9 juin 2023 relative à l’influence commerciale a posé des règles, notamment en matière de transparence. La protection sociale, la formation et la prévoyance des professionnels demeurent, selon l’auteur, des enjeux à traiter. Il avance également la possibilité d’engagements pluriannuels entre les acteurs et de mécanismes de rémunération plus lisibles.
Le développement du secteur ne suffit donc pas à garantir une activité pérenne pour chaque créateur. L’analyse défendue par Adham Hassan met plutôt l’accent sur la façon dont le travail est organisé et sur la capacité à diversifier les revenus, dans un marché où les partenariats de marque occupent une place importante.
Source : Carrière : Derniers contenus (www.journaldunet.com)
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Auteur : Adham Hassan
