
L’Inde perd son dernier gouvernement de gauche après cinq décennies
Bengaluru, Inde – Les résultats préliminaires des élections dans l’État du Kerala indiquent un tournant majeur pour le paysage politique indien, avec la disparition du dernier gouvernement de gauche après près de cinquante ans de présence. Le Front démocratique de gauche (LDF), qui a dirigé le Kerala, a été battu par le Front uni démocratique (UDF), dirigé par le parti du Congrès, qui a remporté ou mené dans 98 sièges sur 140.
Le Kerala, qui a été le premier État au monde à avoir un gouvernement communiste démocratiquement élu en 1957, a longtemps été un bastion de l’idéologie de gauche. Cependant, ces dernières élections marquent la première fois depuis 1977 qu’aucun État indien n’est gouverné par la gauche. Les résultats montrent que le LDF n’a remporté ou n’est pas en tête que dans 35 sièges.
L’importance historique du Kerala dans le mouvement communiste indien remonte à la fin des années 1950, lorsque le Parti communiste indien (CPI) a dirigé l’État jusqu’à ce qu’il soit démis de ses fonctions par le gouvernement de Jawaharlal Nehru en raison de réformes controversées sur la terre et l’éducation. Depuis lors, la gauche a maintenu une présence significative dans divers États, y compris le Bengale occidental et Tripura, où elle a également perdu le pouvoir ces dernières années.
Les élections récentes révèlent un déclin continu de la gauche au niveau national, le nombre de sièges occupés par les partis de gauche au parlement étant passé de 62 en 2004 à seulement huit actuellement. Des experts suggèrent que la gauche doit se réinventer pour rester pertinente, en abordant des questions de caste et de genre, ainsi que l’évolution du capitalisme en Inde.
Le chef du LDF sortant, Pinarayi Vijayan, a été largement salué pour sa gestion de la pandémie de COVID-19, qui a été considérée comme un modèle. Malgré cela, la crédibilité du LDF a été mise à mal ces dernières années, certains électeurs de gauche ayant voté contre le LDF comme mesure corrective.
Les résultats des élections posent la question de savoir si la politique de gauche en Inde peut être revitalisée. Alors que des analystes estiment que le rôle de la gauche en tant que force d’opposition pourrait augmenter, il semble que la nécessité d’une restructuration soit impérative pour faire face aux défis contemporains.
Source : Al Jazeera






