Haute-Savoie : la nouvelle autoroute qui déracine l’écologie au profit des promesses oubliées du RN.
Le fait principal
Les travaux de la nouvelle autoroute A412 en Haute-Savoie ont débuté, suscitant une vive opposition de la part des riverains, agriculteurs et activistes écologiques, qui dénoncent des risques environnementaux majeurs et plaident pour le développement des transports en commun.
Ce qui s’est passé
Le 28 août, le préfet de Haute-Savoie a donné son feu vert à la construction de l’A412, une autoroute de 16,5 km reliant Machilly à Thonon-les-Bains, confiée à Eiffage. Rapidement, les engins de chantier ont commencé à détruire des arbres, provoquant des scènes de résistance qui rappellent celles du chantier de l’A69 entre Toulouse et Castres. L’activiste Thomas Brail a été arrêté le 21 septembre lors d’une mobilisation contre ce projet, dont l’ouverture est prévue pour janvier 2029.
Anne Lassman-Trappier, présidente de France Nature Environnement, a déclaré que les opposants souhaitent « ralentir les travaux » et « montrer que la contestation est véritable ». Avec 21 autres organismes, ils demandent l’annulation des autorisations environnementales, mais cela pourrait prendre du temps. Une audience pour demander la suspension des travaux est prévue le 14 octobre.
Le contexte
La région du Chablais, frontalière de la Suisse, fait face à une croissance démographique rapide et à une augmentation des flux pendulaires. Les autorités affirment que l’A412 est essentielle pour désenclaver cette zone, améliorer la sécurité et fluidifier le trafic. Richard Baud, maire DVD de Thonon, soutient que « les petits villages sur la route ont besoin de respirer ». Pourtant, les opposants soulignent que des alternatives, comme le Léman Express, sont déjà en place et doivent être développées.
Les chiffres à retenir
- 16,5 km : longueur de l’A412.
- 180 hectares : superficie de nature détruite par le projet.
- 80 000 : nombre de passagers quotidiens du Léman Express.
- 79 % : pourcentage d’habitants du Chablais favorables au projet, selon un sondage Ipsos.
Ce que cela révèle
Ce projet d’autoroute, présenté comme une solution à l’enclavement, soulève des questions sur la viabilité et la durabilité des infrastructures routières face à la crise climatique. Les opposants craignent qu’il n’aggrave la pollution et n’augmente le trafic, contredisant ainsi les promesses de désenclavement. Comme l’a souligné le Conseil national de la protection de la nature, la création de nouvelles infrastructures engendre souvent plus de trafic, rendant le discours des autorités particulièrement hypocrite.
Ce qu’il faut retenir
À l’heure où la nécessité de solutions de transport durables est plus pressante que jamais, le chantier de l’A412 se heurte à une résistance farouche. Entre promesses de désenclavement et destruction de la nature, la bataille pour l’avenir du Chablais est loin d’être gagnée.
Sources : BFM TV, France Nature Environnement, Conseil national de la protection de la nature.
