Guerre au Moyen-Orient : le risque de pénurie de carburants est-il réel, comme l'affirme le patron de TotalEnergies ?

Guerre au Moyen-Orient : le risque de pénurie de carburants est-il réel ?

Le patron de TotalEnergies a estimé vendredi que la guerre au Moyen-Orient pourrait provoquer « une ère de pénurie énergétique » en France. Le lendemain, Emmanuel Macron a démenti cette analyse, pourtant partagée par plusieurs experts de l’énergie. Qu’en est-il vraiment ?

Des millions de barils de pétrole sont toujours bloqués dans le Golfe persique, où le trafic maritime est paralysé à cause du blocage du détroit d’Ormuz, un point de passage stratégique pour l’approvisionnement mondial en pétrole et en gaz. En France, les prix à la pompe ont flambé depuis le début de la guerre. Patrick Pouyanné, le PDG de TotalEnergies, a déclaré que si le blocage perdurait « encore deux ou trois mois », la France entrerait « dans une ère de pénurie énergétique ».

Actuellement, sur 9.791 stations-service en France, 967 sont en rupture partielle ou totale d’au moins un carburant sur les 30 derniers jours, soit près de 10% d’entre elles. Ce chiffre avait même dépassé les 20% pendant le week-end de Pâques. Plusieurs spécialistes de l’énergie craignent que ces ruptures se multiplient dans les semaines à venir, une analyse que le gouvernement conteste.

Emmanuel Macron a assuré que la guerre ne laissait « envisager aucune pénurie », mettant en garde contre les comportements de panique. Maud Bregeon, ministre déléguée à l’Énergie, a également affirmé qu’il n’existait « aucun risque de rupture d’approvisionnement ». Elle a précisé que les approvisionnements en carburant de la France proviennent principalement de l’Atlantique et non du détroit d’Ormuz.

Cependant, des experts comme Philippe Charlez et Thierry Bros soulignent qu’il existe des tensions sur les marchés du pétrole. Bros rappelle que, même si l’État dispose de stocks stratégiques, des règles régissent leur utilisation. Il prévient que la pénurie pourrait être « aux portes de l’Europe », surtout si la situation dans le Golfe persique ne s’améliore pas rapidement.

Le secteur de l’énergie craint une pénurie dès le mois de mai, notamment pour le kérosène, ce qui pourrait obliger à rationner certains produits. Des compagnies aériennes, comme Transavia, ont déjà annoncé l’annulation de plusieurs vols en raison de la flambée des prix du kérosène.

En conclusion, bien que le gouvernement français minimise le risque de pénurie, une tension sur les marchés et des ruptures d’approvisionnement dans certaines stations-service soulèvent des inquiétudes quant à la situation énergétique à venir.

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