
Guerre au Moyen-Orient : Les voyageurs modifient leurs plans
(Paris) De la Thaïlande boudée par les Européens à l’Espagne profitant d’un regain de voyageurs, la guerre au Moyen-Orient a commencé à jouer sur la cartographie des départs en vacances pour cet été, profitant à certaines destinations.
Le déclenchement du conflit, fin février, a considérablement réduit les flux touristiques au Moyen-Orient. En Jordanie, les rares touristes présents peuvent visiter la cité antique de Pétra quasiment seuls. Sur l’île de Djerba en Tunisie, le secteur touristique tourne au ralenti. Avant la guerre, l’hôtel Royal Garden Palace recevait environ 100 nouvelles réservations par jour, un chiffre qui a chuté à 50, selon Anane Kamoun, son directeur.
Les perturbations des hubs aéroportuaires dans les pays du Golfe et la hausse des prix du kérosène ont également des répercussions plus larges, touchant des régions comme l’Asie du Sud-Est. En Thaïlande, le ministère du Tourisme a rapporté une baisse significative des arrivées en provenance des pays européens en avril : 29 % de visiteurs allemands en moins et 44 % d’Italiens.
L’opérateur touristique TUI a abaissé sa prévision de rentabilité pour l’exercice 2025/26, évoquant une « prudence accrue » des clients en raison de la guerre en Iran. Toutefois, cette prudence ne signifie pas un abandon total des projets de vacances. Selon Aarin Chiekrie, analyste chez Hargreaves Lansdown, les vacanciers semblent simplement reporter leurs réservations.
Le Conseil mondial du voyage et du tourisme (WTTC) prévoit une croissance de 3,2 % du secteur touristique mondial en 2026, surpassant la croissance de l’économie mondiale, estimée à 2,4 %. En Europe, le WTTC anticipe une augmentation de 7,1 % des dépenses des visiteurs internationaux en 2026, les voyageurs se tournant vers des destinations jugées plus sûres.
Les destinations comme l’Italie et l’Espagne devraient bénéficier de cette situation. Rafael Pampillon Olmedo, professeur d’économie à l’école de commerce IE en Espagne, souligne que la guerre perturbe les flux touristiques et déplace une partie de la demande vers des lieux perçus comme plus sûrs. Des voyageurs européens, initialement destinés au Moyen-Orient ou en Méditerranée orientale, se redirigent vers des pays comme l’Espagne et le Portugal.
D’autres pays, comme le Maroc, profitent également de cette tendance. Zakaria Meliani, responsable d’exploitation de Balima Résidences à Rabat, a observé un changement de tendance, avec des réservations en hausse dès la fin du ramadan. La ministre marocaine du Tourisme, Fatim-Zahra Ammor, a indiqué que le tourisme marocain affichait une croissance de 5 % à fin avril 2026, malgré un contexte géopolitique incertain.
Source : Agence France-Presse



