
De l’argent pour les gens, pas que pour les bâtiments : grève au Muséum national d’histoire naturelle
Alors que le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) célèbre ses 400 ans, les agents de l’établissement sont appelés à cesser le travail ce mardi 5 avril. Les syndicats, notamment la CGT et la FSU, dénoncent des salaires en moyenne 20 % inférieurs à ceux de leurs homologues du secteur.
Des banderoles affichées dans les galeries et laboratoires du Muséum clament : « Musée d’exception, salaires de misère ». Un piquet de grève est prévu dès 9h du matin devant les grandes serres du Jardin des plantes, dans le 5e arrondissement de Paris. Brian Padilla, co-secrétaire de la CGT Muséum, souligne que ce mouvement s’inscrit dans une série de mobilisations qui visent à renforcer la pression sur la direction et le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.
Le responsable syndical précise que la stratégie n’est pas de provoquer des perturbations majeures, car la plupart des galeries sont fermées le mardi, à l’exception de la ménagerie. Un rassemblement est également prévu devant le ministère à 15h.
Les syndicats estiment que le manque de communication avec les agents, aggravé par une cyberattaque survenue l’été dernier, complique l’organisation de la grève. Actuellement, environ 1 000 agents, dont des administratifs, bibliothécaires et gestionnaires de collections, sont concernés par la demande de revalorisation salariale. Beaucoup d’entre eux, tels que les jardiniers ou magasiniers, sont proches du Smic, tandis que les fonctionnaires de catégories B et A peinent à atteindre 2 000 euros par mois malgré plusieurs années d’expérience.
Cette mobilisation survient dans un contexte de dégradation des infrastructures du Muséum. Gilles Bloch, président de l’établissement, a récemment averti qu’un budget de plus d’un milliard d’euros serait nécessaire pour des rénovations d’urgence. La galerie de paléontologie et d’anatomie comparée est déjà fermée pour 18 mois de travaux.
Les syndicats espèrent obtenir des réponses rapides de la part de la direction et du ministère. Brian Padilla conclut : « Il faut de l’argent pour les gens, pas que pour les bâtiments. »
Ni la direction du Muséum ni le ministère n’ont répondu aux sollicitations concernant cette grève.
Source : France 3 Régions




