Gabon : Faillite fiscale ou promesses en l’air ? Les largesses de Bongo s’effritent au Conseil des ministres.
Le fait principal
Le Conseil des ministres gabonais, réuni à Port-Gentil le 18 septembre, a annoncé un plan ambitieux de relance économique pour la région de l’Ogooué-Maritime, tout en posant les jalons d’un budget 2027 marqué par une rigueur fiscale accrue.
Ce qui s’est passé
Pour sa première réunion dans la capitale économique, le gouvernement a mis en lumière les défis de l’Ogooué-Maritime : un chômage des jeunes alarmant, des entreprises en difficulté, et une attractivité urbaine en déclin. Le ministre a annoncé un effort financier de 30 milliards de FCFA, dont 7 milliards seront fournis par l’État, tandis que les géants pétroliers Perenco et TotalEnergies mobiliseront respectivement 11 et 12 milliards sur cinq ans. Ce budget servira à rénover les infrastructures, améliorer les services de santé, et construire des logements.
Le contexte
Le Gabon, malgré ses ressources naturelles, fait face à une dette écrasante de 667,3 milliards de FCFA pour 2027, une situation qui ne fait qu’accentuer les tensions sociales. Les exonérations fiscales accordées aux entreprises seront durcies, et la TVA ne pourra pas descendre en dessous de 5 %. Ce tournant vers une fiscalité plus stricte soulève des questions sur la capacité du gouvernement à stimuler réellement l’économie sans étouffer les entreprises.
Les chiffres à retenir
– Budget 2027 : 6 223,1 milliards de FCFA
– Effort pour l’Ogooué-Maritime : 30 milliards de FCFA
– Emplois créés : environ 7 000
– Dette prévue : 667,3 milliards de FCFA
Ce que cela révèle
Ce plan, bien que prometteur sur le papier, suscite des interrogations. La promesse d’une meilleure protection des entreprises face aux procédures fiscales semble plus une tentative de redorer l’image d’un gouvernement en difficulté qu’une réelle stratégie de soutien. De plus, les mes d’assouplissement pour le recrutement d’étrangers, tout en étant une réponse à un manque de compétences, soulèvent des inquiétudes quant à la formation des Gabonais. Il est difficile de ne pas voir dans ces décisions une volonté de maintenir un statu quo qui privilégie les intérêts des grandes entreprises au détriment d’une véritable souveraineté économique.
Ce qu’il faut retenir
Le Conseil des ministres du Gabon a mis en avant des projets ambitieux pour relancer l’Ogooué-Maritime. Cependant, les défis économiques et sociaux demeurent immenses, et la rigueur fiscale pourrait bien devenir un nouveau fardeau pour un pays déjà en proie à des tensions. Les promesses de relance semblent bien éloignées de la réalité sur le terrain.
Source : Gabonreview.com
