Frelon asiatique : le prédateur redoutable qui inquiète les apiculteurs amateurs

Frelon asiatique : le prédateur redoutable qui inquiète les apiculteurs amateurs

Il y a deux ans, des apiculteurs amateurs ont fondé l’association Apimairie27 à Saint-Marcel (Eure). Aujourd’hui, elle gère deux ruchers, dont un situé au parc de la Quesvrue. Depuis le lancement de l’association, les membres sont confrontés à un problème majeur : la prolifération des frelons asiatiques.

« En 2025, c’était une catastrophe. Certaines ruches ont perdu la moitié de leur population », déclare Raymond Desheraud, président de l’association. La réintroduction de produits comme les néonicotinoïdes, suite au vote de la loi Duplomb, constitue une nouvelle menace pour les abeilles. « Les syndicats agricoles sont plus déterminés à piéger les frelons asiatiques », ajoute-t-il.

Entre février et juin, les reines fécondées de l’année précédente construisent un nid primaire, pouvant atteindre la taille d’une balle de golf. Ces nids se cachent souvent sous les gouttières, dans les abris de jardin ou dans des arbres creux. « À ce moment de l’année, il est crucial de piéger les reines fondatrices avec des pièges électriques ou naturels, comme ceux faits à base de vin, de bière ou de sirop de cassis. Cela aide à empêcher la formation de nids et à limiter la colonisation », souligne Raymond Desheraud.

Un fort pouvoir de nuisance

Si les reines fondatrices ne sont pas neutralisées, elles produisent des nids secondaires durant l’été et l’automne, pouvant atteindre la taille d’un ballon de football et abritant des centaines, voire des milliers de frelons asiatiques. Ces nids, souvent situés en hauteur, deviennent visibles lorsque les feuilles tombent. Les frelons ciblent les ruches et attendent les abeilles à la sortie pour se nourrir, ce qui empêche les abeilles de sortir chercher du pollen.

« Pour limiter la casse, nous plaçons des pièges près des ruchers », indique le président. Il invite également les particuliers à installer des pièges, car les frelons asiatiques agissent dans un périmètre de 500 mètres. « Nous incitons vraiment les particuliers à poser des pièges et, lorsqu’ils repèrent des nids, à nous contacter ou à appeler une entreprise spécialisée », précise-t-il.

Un plan de mobilisation

L’association appelle à la création d’un plan de mobilisation et de sensibilisation avec les communes. « De nombreux nids de frelons asiatiques ont été repérés à Saint-Marcel en 2025. Bien que certains aient été détruits, il en reste trop, et beaucoup de particuliers refusent de participer au coût de leur destruction par des professionnels, malgré l’aide financière de la commune », souligne Raymond Desheraud.

L’association est prête à installer des pièges et à mobiliser les citoyens, affirmant qu’il s’agit d’un « fléau majeur pour la biodiversité ».

Prolifération exponentielle

« En attendant des décisions de l’État qui tardent à arriver, il est crucial d’obtenir une mobilisation générale de nos concitoyens. Chaque nid non détruit favorise la création de cinq à dix nouveaux nids l’année suivante. Sans intervention, cette croissance est exponentielle », conclut Raymond Desheraud.

L’association recherche toujours des bénévoles. Pour contacter l’association, vous pouvez les joindre à l’adresse [email protected] ou au 06 83 81 11 29.

Source : Actu.fr

Source
Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire