François Ruffin face aux critiques de sa bande dessinée : « Certaines images peuvent blesser »
François Ruffin, député de la Somme et candidat à la présidentielle, a récemment fait l’objet de vives critiques après la publication de sa bande dessinée Picardie Splendor, coécrite avec un scénariste, en mai dernier. Cette œuvre, qui visait à retracer son parcours et à énoncer certaines idées en amont de sa campagne, a suscité un malaise sur les réseaux sociaux, notamment en raison de certaines planches jugées problématiques.
Dans l’une des scènes controversées, Ruffin se retrouve dans un train avec une passagère noire, confrontée à une verbalisation par deux policiers. Elle affirme que son billet est valide, mais Ruffin choisit de régler l’amende et demande à un autre passager, d’origine maghrébine, de « respecter la police ». Cette représentation a été perçue par certains comme une illustration de l’« homme blanc sauveur », entraînant une réaction négative de plusieurs figures politiques.
Des députés, y compris de son propre groupe, ont dénoncé le contenu de la bande dessinée, la qualifiant de « clichés racistes » et critiquant son approche du racisme systémique. Sabrina Sebaihi, députée écologiste, a déclaré : « François, le temps des colonies, c’est fini », tandis que Danielle Simonnet a affirmé que Ruffin « ne comprend pas le racisme systémique ». Des critiques plus virulentes sont venues de La France insoumise, où certains l’ont accusé d’être « un raciste complexé ».
Face à cette vague de critiques, Ruffin a reconnu que certaines images pouvaient blesser, tout en défendant son œuvre comme « une œuvre d’humanité ». Il a précisé qu’il ne se reconnaissait pas dans certaines représentations, comme celle d’un homme racisé baissant la tête. Il a également affirmé que son intention n’était pas de véhiculer des stéréotypes racistes, mais de traiter des fractures sociales, notamment la précarité et le racisme.
Ruffin a également été critiqué pour ses positions sur l’immigration, notamment sa déclaration d’être « hostile à l’immigration de travail ». Cette prise de position a été dénoncée par plusieurs membres de la gauche, qui estiment qu’elle alimente les discours de l’extrême droite.
La controverse autour de Picardie Splendor souligne les tensions persistantes au sein de la gauche française, alors que Ruffin se prépare pour une éventuelle primaire à l’automne.
Source : Libération




