France Inter supprime l’édito de Charles Sapin après trois semaines de tensions internes.
Suppression de l’édito de Charles Sapin sur France Inter : retour sur un bras de fer de trois semaines
Charles Sapin a annoncé le 19 septembre sur X que la direction de France Inter avait décidé de supprimer sa chronique politique hebdomadaire, très contestée par les travailleurs de la radio. Cette décision met fin à un conflit de trois semaines marqué par l’opposition de nombreux membres du personnel au recrutement de Sapin, directeur adjoint de la rédaction de « Valeurs actuelles », un magazine controversé.
Un recrutement qui fait scandale
Tout débute fin août lorsque Céline Pigalle, directrice de France Inter, présente le nouveau panel d’éditorialistes. Charles Sapin, qui a obtenu une chronique de trois minutes chaque dimanche, suscite immédiatement une vive réaction au sein de la radio. Le syndicat SNJ-CGT dénonce une « ligne rouge inacceptable », soulignant le lien de « Valeurs actuelles » avec des condamnations pour injures racistes et provocation à la haine.
Bien que Sapin n’ait pas été employé par « Valeurs » lors de ces condamnations, la société des journalistes de France Inter a exprimé sa « ferme opposition » à son arrivée, arguant que cela portait atteinte aux valeurs de l’audiovisuel public.
La direction défend le pluralisme, le personnel vote la grève
Le 30 août, Sapin as sa première chronique, abordant des sujets économiques. Face à la fronde, la direction défend son choix comme un acte de pluralisme, essentiel en année présidentielle. Cependant, un vote de grève a lieu le 3 septembre lors d’une assemblée générale.
Réactions politiques
La controverse prend une tournure politique. La ministre de la Culture, Catherine Pégard, met en garde contre une « chasse aux sorcières », tandis que Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, critique la décision avec des propos virulents. Bruno Retailleau, représentant des Républicains, accuse les rédactions de Radio France de sectarisme.
Perturbations à Radio France
Les 13 et 14 septembre, un mouvement de grève perturbe les antennes de Radio France, avec un taux de grévistes de 12,05 %. Les programmes sont remplacés par des avertissements aux auditeurs.
Propositions de la direction et maintien de la grève
Le 16 septembre, la direction propose de transformer l’édito en un débat contradictoire, mais cette option ne convainc pas la rédaction, qui considère que le problème réside dans l’association avec « Valeurs actuelles ».
Suppression de l’édito
Finalement, le 19 septembre, Charles Sapin annonce la suppression de son édito, précisant qu’il a été proposé un débat en lieu et place, qu’il refuse. Il dénonce une « cen préventive » et souligne que le pluralisme peut susciter des réactions hostiles.
La direction de Radio France considère que cette décision n’est « une victoire pour personne » et réaffirme son engagement envers la diversité des opinions.
Réactions politiques à la suppression
La décision de supprimer la chronique de Sapin entraîne de nouvelles réactions politiques. Bruno Retailleau critique le « petit théâtre antifasciste », tandis que Manuel Bompard de LFI souligne que la question centrale reste la légitimité d’un directeur adjoint d’un journal condamné pour incitation à la haine raciale sur le service public.
Source : Nouvel Observateur
