« Au bout du compte, on paye toujours quelque chose de notre poche pour travailler » : les personnels de l’éducation nationale face à la galère des frais de déplacement

Au bout du compte, on paye toujours quelque chose de notre poche pour travailler

Au mois d’avril, Nicolas Lefebvre, assistant social de l’éducation nationale, a été contraint d’interrompre ses interventions. Cet agent couvre un secteur de cinq établissements scolaires en zone rurale et parcourt en moyenne 100 kilomètres en voiture chaque semaine. Entre septembre 2025 et mars 2026, l’éducation nationale n’a pas remboursé ses frais de déplacements professionnels, accumulant sept mois de retard et plus de 1 000 euros en attente. Cette situation est devenue intenable avec un salaire de 2 400 euros net mensuels et la hausse des prix du carburant, exacerbée par le contexte international. Sur les 2 200 élèves de son secteur, 1 500 ont été privés d’assistant social pendant un mois.

Ce cas illustre les tensions systémiques au sein de l’éducation nationale concernant la prise en charge des frais de déplacement, qui touchent principalement les personnels dits « itinérants ». Inspecteurs, enseignants remplaçants, professeurs spécialisés, assistants sociaux, formateurs, psychologues de l’éducation nationale, stagiaires et infirmiers sont tous contraints à des déplacements pour asr leur mission. Ces agents avancent leurs frais et rencontrent de nombreuses difficultés pour obtenir des remboursements, notamment des retards de paiement et une prise en charge minimale.

Marielle Spenle, assistante sociale dans l’académie de Nancy-Metz et représentante CFDT-EFRP, souligne que depuis dix-huit ans, elle fait face à des problématiques de remboursement. Dans son territoire rural, elle parcourt environ 500 kilomètres mensuels sans possibilité de compter sur les transports en commun. Elle utilise donc son véhicule personnel, avançant les frais d’essence, tout en supportant les coûts d’entretien et d’assurance. L’indemnité kilométrique de la fonction publique, récemment revalorisée, ne couvre pas ces dépenses. Elle constate : « Au bout du compte, on paye toujours quelque chose de notre poche pour travailler. »

Cette situation met en lumière les défis auxquels sont confrontés les personnels de l’éducation nationale, qui doivent naviguer entre leurs missions essentielles et les contraintes financières liées à leur travail.

Source : Le Monde

Source

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *