
Festival de Cannes : La galère des réalisateurs palestiniens
En l’espace de quelques jours, des professionnels du cinéma et des élus ont tenté d’alerter sur la situation d’une productrice-réalisatrice et d’un réalisateur invités à Cannes : l’un était toujours bloqué à Gaza, tandis que l’autre a été placée en centre de rétention à son arrivée en France, avant d’être remise en liberté.
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Contexte factuel
Dima Yousef Hasan Yasin, née le 6 juin 1965 à Jérusalem, se présente aux autorités françaises à l’aéroport Roissy Charles-de-Gaulle le 15 mai en provenance de Tel-Aviv, munie d’un passeport jordanien et d’un visa en règle. Invitée par le Palestinian Film Institute à participer au festival de Cannes du 15 au 29 mai, elle doit également se rendre à Saintes pour finaliser la post-production de son film « It Must be Home », soutenu par le CNC et l’Institut français de Jérusalem.
À son arrivée, elle est retenue par les autorités françaises et placée parmi les demandeurs d’asile, avec une décision d’expulsion vers l’aéroport Ben Gourion. Cette situation découle d’un malentendu administratif relatif à son visa, selon l’eurodéputé Mounir Satouri, qui a rapidement alerté le ministre des Affaires étrangères.
Données ou statistiques
La productrice a été placée en centre de rétention après un signalement des autorités allemandes, qui la soupçonnent d’avoir séjourné illégalement en Europe. Un double tampon sur son passeport a conduit à une interprétation erronée de la date d’entrée et à la suspicion d’un dépassement de la durée de séjour autorisée de 90 jours. Le parquet de Francfort a, dans un courrier daté du 23 mars 2026, abandonné les poursuites à son encontre, considérant que sa culpabilité était mineure et sans intérêt public.
Conséquence directe
Le Quai d’Orsay a réétudié son dossier et a décidé de la libérer pour qu’elle puisse se rendre à Cannes. Mounir Satouri a salué cette décision, soulignant qu’il est essentiel de permettre aux témoins des événements en Palestine de participer à des événements comme le festival de Cannes. Il a également invité le Président de la République à évoquer ce sujet au niveau européen.
Dima Yousef Hasan Yasin n’est pas un cas isolé, plusieurs réalisateurs, dont Costa-Gavras et Claire Simon, ont cosigné une tribune dans le journal Libération pour alerter sur la situation d’un autre réalisateur palestinien, Mohamed Alshareef, qui vit à Gaza et a des difficultés à quitter le territoire pour présenter son film à Cannes.
Source : France 3 Côte d’Azur




