Les restrictions qui touchent la recherche aux États-Unis incitent certains scientifiques et spécialistes de la technologie à envisager une carrière en Europe. Plusieurs institutions européennes cherchent à les attirer, mais les financements et les offres d’emploi ne suffisent pas à lever tous les obstacles à une installation durable.

Des départs américains, sans mesure précise de l’exil vers l’Europe
Depuis 2025, l’administration Trump a gelé ou supprimé plus de 8 000 subventions, selon les éléments rapportés par Fortune. Le magazine indique également que le gouvernement fédéral américain a perdu, la même année, plus de 10 000 titulaires d’un doctorat dans les domaines des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques. Ces départs, calculés à partir de données de l’Office of Personnel Management, regroupent licenciements, retraites et démissions : ils ne correspondent donc pas tous à des départs de chercheurs vers l’Europe.
La pression exercée sur les contenus et les orientations de la recherche contribue aussi à nourrir les inquiétudes. Alex Worsham, spécialiste en informatique et en cybersécurité, a choisi de poursuivre ses recherches à l’université d’Oslo, en Norvège. Il estime que la communauté universitaire américaine pourrait se réduire à mesure que des chercheurs s’installent dans différentes régions du monde.
L’Europe cherche à attirer les chercheurs
L’Union européenne mise notamment sur le programme « Choisir l’Europe pour la science », doté de 500 millions d’euros selon les informations rapportées. Les candidatures américaines aux bourses du Conseil européen de la recherche ont également bondi, sans qu’un chiffre soit précisé. Bruxelles, l’université d’Aix-Marseille et la société Max-Planck figurent parmi les acteurs qui multiplient les offres.
Cette dynamique ne garantit toutefois pas que les chercheurs choisiront l’Europe. La bureaucratie, des salaires moins élevés qu’aux États-Unis, les difficultés liées à la langue et la saturation de certains réseaux électriques sont cités parmi les freins à leur installation.
Un mouvement qui reste incertain
La crise de la recherche américaine peut ouvrir une fenêtre d’opportunité pour les institutions européennes, mais rien ne permet d’assurer que les départs se poursuivront si la situation politique évolue. L’enjeu, pour l’Europe, est donc de convaincre les chercheurs qu’elle peut leur offrir davantage qu’un refuge temporaire.
Source : Courrier international – Actualités France et Monde, vidéos, infographies (www.courrierinternational.com)
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