Face à la menace de l’IA, des professionnels du numérique se forment aux métiers manuels
La perte d’un client représentant l’essentiel de son activité a conduit une graphiste indépendante à envisager un avenir professionnel différent. Comme elle, une consultante en marketing se forme à l’électricité, un métier de terrain qu’elle juge moins exposé aux outils automatisés. Son objectif, à terme : reprendre une entreprise du bâtiment.
Une graphiste privée de son principal client
Babeth Reynaud exerce comme graphiste à son compte depuis 25 ans. Elle travaillait récemment sur la pochette d’un album lorsqu’elle a appris que son principal client mettait fin à leur collaboration au profit d’outils de création automatisée. Selon elle, cette décision a fait disparaître 80 % de son chiffre d’affaires.
Elle déplore aussi l’uniformité de certaines affiches générées automatiquement, estimant qu’elles contribuent à effacer les identités graphiques. La baisse d’activité et ses conséquences financières l’amènent à s’interroger sur la suite de sa carrière.
Une reconversion vers l’électricité
Aurélie Bécat, consultante indépendante en stratégie marketing, constate de son côté que certains clients peuvent désormais utiliser des outils numériques pour travailler leur marque, leur site ou leur communication. Elle a donc entrepris une formation d’électricienne, tout en poursuivant son activité de conseil.
Trois semaines par mois, elle suit une alternance et apprend le métier aux côtés de Jean-Christophe Puichot, qui cumule 50 ans d’expérience. Son parcours étonne son maître d’apprentissage, qui dit n’avoir encore jamais rencontré un profil similaire.
Aurélie Bécat espère bientôt participer à ses premiers chantiers. À plus long terme, elle souhaite reprendre une entreprise de BTP, même si plusieurs étapes restent à franchir avant d’y parvenir.
Des besoins de techniciens sur le terrain
Amaury Guimont, directeur de l’usine Secat Energies, estime que les besoins en électricité augmentent et que les entreprises ont besoin de techniciens sur le terrain. Il s’attend ainsi à voir davantage de candidats s’intéresser à ces professions.
Une étude Coface et de l’Observatoire des emplois menacés et émergents, publiée en avril 2026, estime que cinq millions de postes en France pourraient être menacés. La source cite notamment les graphistes, traducteurs, téléconseillers et assistants juridiques. Ce chiffre est une estimation de l’étude, et non le bilan de suppressions déjà constatées.
Source : franceinfo – Les Titres (www.franceinfo.fr)
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