
Et alors, on ne clisse plus ? – Les 5 du Vin
Le clissage, technique traditionnelle d’enveloppement d’une bouteille en osier, a vu le jour en 1462. Ce terme apparaît dans l’inventaire des dépenses pour l’entrée solennelle du roi Louis XI à Angers. Utilisé pour protéger les bouteilles des chocs et de la lumière, le clissage était essentiel lors du transport, notamment pour les gourdes destinées aux voyages, dont des exemples subsistent jusqu’en Nouvelle-Calédonie.
Traditionnellement, le clissage permettait de créer un fond plat pour des bouteilles à fond bombé, leur permettant de se tenir debout. Immergées dans l’eau, ces bouteilles restaient fraîches grâce à l’évaporation de l’eau contenue dans leur enveloppe végétale. Des œuvres de peintres, comme « Le Jeune Dégustateur » de Philippe Mercier et « Le Déjeuner champêtre » de François Octavien, témoignent de son utilisation. Toutefois, avec l’évolution de la consommation du vin, le clissage a progressivement disparu, remplacé par des bouteilles en verre plus épaisses.
L’Italie, et particulièrement la Toscane, a largement utilisé le clissage, notamment pour le fiasco. Ce type de bouteille clissée est représenté dans le Museo del Fiasco Toscano à Montelupo Fiorentino, où l’on découvre l’histoire de cette pratique. Les témoignages visuels de l’utilisation du clissage remontent au XIVe siècle, période marquant le début de l’industrie du verre en Toscane.
Le clissage était traditionnellement réalisé avec des feuilles de plantes palustres, comme le saule ou la massette. Au fil du temps, la forme des bouteilles a évolué, passant d’une forme sphérique à une forme ovale avec un long col. Au XVIe siècle, la contenance des bouteilles était fixée à 2,280 litres, justifiant leur protection. De plus, le vin devait comporter un cachet de la fleur de lys de Florence, expliquant pourquoi le clissage s’arrêtait à mi-hauteur de la bouteille. Au XVIIIe siècle, le paillage horizontal a été remplacé par un paillage vertical, et le travail de clissage était réservé aux femmes de la région, connues sous le nom de « fiascaie ».
Les chemins de fer et l’émigration aux États-Unis ont contribué à la popularité de la bouteille que l’on connaît aujourd’hui. Dans les années 1970, les producteurs de Chianti ont largement cessé le paillage des bouteilles en raison de l’augmentation des coûts de la paille et de la nécessité de modifier l’image de qualité du Chianti. Ce changement a été accompagné de l’adoption de la bouteille bordelaise de 75 centilitres, qui a apporté une image de sérieux à ce vin.
Sources : Les 5 du Vin.




