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En Israël, la campagne des législatives relègue l’avenir palestinien au second plan

À deux jours des élections législatives israéliennes du mardi 27 octobre, la sécurité et la responsabilité des défaillances ayant précédé les attaques du 7-Octobre dominent la campagne. L’avenir de Gaza et de la Cisjordanie occupée reste peu présent dans les programmes, alors que les positions des principaux candidats laissent entrevoir peu de changements sur la question palestinienne.

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Gatien Letoffe · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Une campagne centrée sur la sécurité et Netanyahu

Protesters hold signs at a rally, expressing political views and dissent.
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Le scrutin doit départager Benyamin Nétanyahou et ses adversaires dans une élection annoncée comme serrée. La formation du prochain gouvernement pèsera aussi sur l’orientation d’Israël à Gaza, où la guerre dure depuis trois ans, et en Cisjordanie occupée, où la colonisation et les violences de colons ont augmenté, selon les éléments rapportés dans la campagne.

Pour Hugh Lovatt, chercheur au Conseil européen pour les relations internationales (ECFR), la question palestinienne reste liée aux choix politiques d’Israël, mais elle est largement reléguée au second plan. Ksenia Svetlova, chercheuse associée à Chatham House et ancienne députée, observe qu’après les attaques du Hamas du 7 octobre 2023 — qui ont fait plus de 1 200 morts, selon le bilan cité dans le reportage — les propositions axées sur la paix ont perdu du terrain.

Les électeurs sont notamment appelés à se prononcer sur la responsabilité du gouvernement dans les défaillances ayant précédé les attaques, alors que des médias ont rapporté que Nétanyahou avait reçu des alertes. L’autre enjeu central est la sécurité d’Israël. Selon Svetlova, les négociations diplomatiques sont devenues difficiles à envisager dans le climat actuel.

Des divergences limitées entre les principaux candidats

Nétanyahou s’oppose à la création d’un État palestinien et continue de défendre une « victoire totale » contre le Hamas. La chercheuse estime qu’un maintien de sa coalition pourrait prolonger une situation sans paix ni guerre ouverte à Gaza, tandis que la Cisjordanie évoluerait, selon elle, vers une annexion de fait. Certains alliés d’extrême droite du Premier ministre soutiennent ouvertement l’annexion des territoires palestiniens.

Itamar Ben Gvir, ministre de la Sécurité intérieure et chef d’un parti ultranationaliste, a proposé de pousser à l’émigration les deux millions d’habitants de Gaza sur six ans, en présentant ce transfert comme volontaire. Il a également appelé au démantèlement et à la démilitarisation de l’Autorité palestinienne, après une attaque près d’Hébron qui a fait cinq blessés israéliens.

Le principal rival de Nétanyahou, Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major, rejette lui aussi la création d’un État palestinien. Hugh Lovatt estime toutefois qu’il pourrait se montrer plus disposé à freiner l’expansion des colonies non autorisées par le gouvernement et à lutter contre les violences de certains colons. Eisenkot a qualifié ces violences de « terrorisme juif » au début du mois d’octobre.

Sur Gaza, l’écart pourrait également rester limité. Eisenkot promet de vaincre le Hamas et n’a pas mis en avant de solution diplomatique, relève Svetlova. L’opposition pourrait être davantage disposée à appliquer la deuxième phase du plan de paix américain, qui prévoit le désarmement du mouvement, mais Hugh Lovatt doute qu’elle accepte un retrait progressif de l’armée israélienne ou le retour des Palestiniens sur leurs terres.

La gauche et les partis arabes en position minoritaire

Yaïr Golan, dirigeant du parti de gauche Les Démocrates, est le seul candidat cité par Svetlova comme défendant la stabilisation et la reconstruction de Gaza ainsi qu’une nouvelle gouvernance pour le territoire. Il plaide pour une résolution diplomatique, condamne les violences de colons et veut mettre fin aux colonies financées par l’État. Son parti pourrait gagner des sièges, mais resterait minoritaire à la Knesset, selon les estimations mentionnées dans le reportage.

Les partis arabes, qui représentent environ 20 % de la population israélienne et pourraient obtenir une douzaine de sièges, pourraient peser dans la formation de la coalition. La Liste unifiée soutient la création d’un État palestinien ; Raam met davantage l’accent sur les conditions de vie des Palestiniens d’Israël, notamment les discriminations et la criminalité. Le parti de Golan est, selon le reportage, le seul à s’être dit prêt à former une coalition avec eux.

Dans les territoires palestiniens, l’issue du scrutin est suivie avec attention, mais les espoirs d’une amélioration rapide du quotidien restent faibles, rapporte Haaretz. Pour Svetlova, une reconduction de la coalition actuelle risquerait d’aggraver la situation à Gaza et en Cisjordanie. Les électeurs israéliens voteront le 27 octobre, date fixée pour les législatives par la Knesset. (m.knesset.gov.il)


Source : franceinfo – Les Titres (www.franceinfo.fr)

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Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

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