
En France, on vit longtemps, mais on vieillit mal : un médecin et une créatrice de contenus s’allient pour sensibiliser au bien-vieillir
Face au vieillissement de la population, l’espérance de vie en bonne santé est un enjeu majeur de notre siècle. Pour préserver sa santé mentale et physique, il faut s’y prendre tôt. À Beauvais, un médecin spécialiste du vieillissement et une influenceuse qui crée du contenu avec son arrière-grand-mère ont proposé une conférence sur le sujet ce lundi 27 avril, organisée par la CCMO Mutuelle.
Garder du lien social, être en bonne santé physique, préserver ses capacités intellectuelles : pour bien vieillir, il faut travailler sur un ensemble de facteurs et ce, avant qu’il ne soit trop tard. C’est le message qu’a voulu faire passer Éric Boulanger, professeur de médecine et biologie du vieillissement au CHU de Lille, lors de cette conférence.
« Bien vieillir, c’est garder toutes ses fonctions physiques, savoir bouger normalement, toutes ses fonctions cognitives, et garder de bonnes interactions sociales avec les autres », résume-t-il. Dans un pays où la part des plus de 65 ans a fortement progressé en 20 ans, cette question devient centrale. « En France, on vit longtemps, mais on vieillit mal », regrette-t-il. En Suède, où l’espérance de vie globale est similaire, l’espérance de vie en bonne santé peut aller jusqu’à neuf années de plus.
Pour lui, le meilleur moyen d’arriver au même résultat est de rester vigilants à tous les signaux qui indiquent un dysfonctionnement. « Ça ne sert à rien de tout faire pour avoir un bon cerveau si on ne fait rien pour ses jambes, pour ses oreilles ou pour ses yeux », explique le professeur. Il souligne l’importance de repérer les premiers signes de vieillissement fonctionnel, comme la presbytie, et de les traiter rapidement.
Éric Boulanger participe à des actions de sensibilisation pour promouvoir la prévention. « Ce qui manque aujourd’hui pour bien vieillir en France, c’est de la prévention, et pas seulement à partir de 60 ans, mais tout au long de la vie », assure-t-il. Il est également directeur médical du programme « Tempoforme », qui aide les seniors à évaluer leur santé via une application ou un site internet.
Un autre aspect essentiel du bien-vieillir est la préservation de la santé mentale, souvent affectée par l’isolement. Mélissa Anton, créatrice de contenu, a lancé les comptes Instagram et TikTok « Mel & Fernande » pour renforcer le lien avec son arrière-grand-mère de bientôt 102 ans. « Je voulais lui montrer que vieillir, c’est vivre, ce n’est pas juste attendre que la mort vienne nous chercher », confie-t-elle.
À Beauvais, le Club Beauvaisien de la Retraite Sportive propose de nombreuses activités pour les seniors. Créée au début des années 1980, l’association compte aujourd’hui 1 200 adhérents. « Le premier intérêt est que les gens continuent de faire une activité physique, et le deuxième est de se rencontrer régulièrement », souligne Jacques Nicolas, responsable de l’activité aquagym.
Ces initiatives mettent en lumière l’importance d’une approche globale pour bien vieillir, intégrant à la fois la santé physique, mentale et sociale.
Source : France Télévisions




