Une enquête ouverte après une plainte
Le parquet fédéral belge a confirmé les opérations, auxquelles plusieurs dizaines de policiers ont participé. La plainte vise neuf membres de la famille présidentielle, dont la Première dame Denise Nyakeru, ainsi que des fils, frères, neveux et une belle-sœur du chef de l’État.
Elle a été déposée par les avocats Bernard et Brieuc Maingain au nom d’organisations non gouvernementales katangaises et de quatre anciens directeurs de la Gécamines. Selon les plaignants, certains membres de la famille présidentielle seraient notamment liés à des contrats de sous-traitance portant sur des résidus miniers.
L’enquête concerne des accusations d’exploitation illégale de concessions de cuivre et de cobalt dans l’ancienne province du Katanga. Plusieurs organisations de la société civile évoquent des sites associés à Boss Mining, filiale d’ERG Africa, qui exploite ces concessions dans le cadre d’un contrat d’amodiation avec la Gécamines.
Des contestations et des attentes à Kolwezi
Dans le territoire de Lubudi, des habitants de 27 communautés avaient manifesté en juillet pour dénoncer ce qu’ils qualifient de pillage des ressources minières, notamment à Kisangala et dans d’autres localités. Des acteurs de la société civile du Lualaba suivent désormais de près la procédure belge.
Hervé Diakese, avocat de l’un des groupes plaignants, estime que les accusations reflètent le sentiment de dépossession de populations du Grand Katanga, qui considèrent ne pas bénéficier suffisamment des richesses de leur sous-sol. Il évoque des privations et un manque d’accès à des services essentiels. Ces propos expriment le point de vue des plaignants et de leurs représentants.
À Kolwezi, Donnat Kambola, coordonnateur de l’Initiative pour la Bonne Gouvernance et les Droits Humains, appelle à ce que l’enquête soit conduite dans le respect de la loi et des droits de la défense. Il estime qu’il revient aux autorités judiciaires belges d’examiner les faits et de déterminer s’ils correspondent ou non à des infractions.
L’entourage de Félix Tshisekedi rejette les accusations et affirme qu’aucun site minier de la région n’est contrôlé par la famille présidentielle. Le collectif des plaignants salue les perquisitions et indique vouloir poursuivre sa coopération avec la justice belge, tout en demandant que les droits de toutes les parties soient respectés.
Denise Nyakeru conteste les griefs
Dans un communiqué transmis par ses avocats, la Première dame congolaise conteste fermement les accusations portées contre elle. Elle affirme qu’elle collaborera pleinement avec la justice belge, tout en disant s’étonner des perquisitions réalisées au domicile familial en Belgique.
La procédure doit maintenant permettre de déterminer si les faits dénoncés sont établis. À ce stade, les accusations formulées dans la plainte ne constituent pas une preuve de culpabilité.
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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