Les violences sexuelles visant les mineurs progressent en Allemagne et prennent une place croissante dans l’espace numérique. Dans un rapport présenté le 13 octobre 2026, Kerstin Claus, responsable fédérale indépendante chargée de la lutte contre les abus sexuels sur les enfants et les adolescents, alerte sur l’exposition des jeunes et appelle à renforcer leur protection en ligne.
Plus de 17 000 cas recensés en 2025
La police allemande a enregistré en 2025 plus de 17 000 cas d’abus sexuels sur des mineurs, soit environ 1 600 de plus qu’il y a cinq ans, selon les chiffres cités dans le rapport. Le bilan officiel fait état de 17 126 cas concernant des enfants et de 1 239 concernant des adolescents. Il dénombre au total 20 051 victimes mineures, toutes catégories de victimes recensées confondues. (beauftragte-missbrauch.de)
Ces données policières ne décrivent pas à elles seules l’ampleur des violences, souligne l’organisme fédéral. Elles recensent les faits connus des autorités, tandis qu’une partie des situations demeure invisible. Le rapport met notamment l’accent sur les agressions et les sollicitations qui se produisent sur Internet.
Selon Kerstin Claus, un jeune sur quatre âgé de 14 à 17 ans a déjà subi du « cybergrooming ». Ce terme désigne les tentatives d’un adulte pour établir un contact en ligne avec un jeune et le manipuler à des fins sexuelles. Les espaces de discussion et de communication peuvent ainsi devenir des lieux de mise en contact avec des agresseurs.
Des images compromettantes utilisées pour faire pression
Le rapport décrit également la fabrication de fausses images ou vidéos à caractère sexuel à partir de photographies d’une personne. Lorsqu’elles sont diffusées sans consentement, ces images peuvent porter gravement atteinte aux victimes. Elles peuvent aussi servir au chantage sexuel : l’agresseur menace de les publier pour contraindre le jeune à céder à ses demandes.
Face à ces risques, Kerstin Claus défend la création d’un enseignement consacré au monde numérique, afin que les jeunes puissent apprendre à reconnaître les situations de manipulation et les violences en ligne. Le rapport appelle aussi à mieux rechercher les contenus montrant des abus sexuels sur des mineurs et à les supprimer plus rapidement.
Une proposition européenne encore en discussion
La responsable fédérale demande par ailleurs la mise en œuvre des recommandations formulées par une commission d’experts allemande sur la protection des enfants et des adolescents dans le monde numérique. Elles comprennent notamment la possibilité d’instaurer un âge minimum pour accéder aux réseaux sociaux.
À l’échelle de l’Union européenne, la Commission a présenté le 17 septembre 2026 le projet de règlement « EU KIDS ACT ». Il prévoit une approche par âge : pas d’accès aux réseaux sociaux avant 13 ans ; entre 13 et 15 ans, des mini-comptes gérés par un parent ou un tuteur, avec des fonctionnalités limitées et une durée d’utilisation d’une heure par jour ; à partir de 15 ans, la possibilité d’ouvrir et de gérer son propre compte. (commission.europa.eu)
Le projet prévoit aussi des protections contre certaines fonctionnalités favorisant une utilisation excessive, comme le défilement infini et les mécanismes de récompense, ainsi que contre les contacts non sollicités d’inconnus. Ces mesures ne sont pas encore en vigueur : la proposition doit désormais être examinée par le Parlement européen et le Conseil, qui négocieront le texte final. (commission.europa.eu)
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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