Elne : le maire d’extrême droite débaptise un cinéma pour éviter le « politique » !
Le fait principal
À Elne (Pyrénées-Orientales), le maire d’extrême droite, Steve Fortel, a décidé de débaptiser le cinéma René-Vautier, un lieu portant le nom d’un cinéaste engagé pour l’indépendance de l’Algérie. Cette décision suscite une vive indignation parmi l’opposition et la famille du réalisateur.
Ce qui s’est passé
Lors d’un conseil municipal le 22 septembre, Fortel a annoncé qu’il souhaitait donner « un nouvel élan » au cinéma local, en remplaçant son nom par « La Bobine illibérienne ». Selon lui, le nom de René Vautier est « trop politique », car le cinéaste était associé au Front de libération nationale (FLN) durant la guerre d’Algérie. Moïra Chappedelaine-Vautier, la fille du réalisateur, n’a pas été informée de cette décision et a exprimé son désarroi lors de la séance.
Le contexte
René Vautier (1928-2015) est connu pour ses films dénonçant le colonialisme et le capitalisme. Son engagement a marqué l’histoire du cinéma français. En revanche, Fortel, classé à l’extrême droite, semble vouloir effacer toute référence à des figures historiques jugées « trop engagées ». Ce n’est pas un cas isolé : en avril, il avait déjà supprimé un passage piéton arc-en-ciel, arguant que « la culture ne doit pas être politisée ».
Les chiffres à retenir
– Coût de fonctionnement du cinéma sous gestion municipale : plus de 50 000 euros par an.- Coût estimé de la collaboration avec l’association Cinémaginaire : entre 20 000 et 25 000 euros par an.
Ce que cela révèle
La décision de Fortel met en lumière une contradiction flagrante : tout en prônant une « neutralité » culturelle, il impose une vision idéologique qui efface des figures historiques essentielles. Cette stratégie semble également viser à établir un contrôle sur la programmation du cinéma, en excluant toute « projection idéologique ». Un choix qui, sous couvert de neutralité, semble davantage servir une agenda politique que le bien commun.
Ce qu’il faut retenir
Le maire d’Elne, Steve Fortel, illustre une tendance inquiétante : celle d’effacer des symboles de résistance et de mémoire au nom d’une prétendue neutralité. En tentant de réécrire l’histoire locale, il ne fait qu’exacerber les tensions et les divisions. À Elne, la culture ne sera pas un « panneau politique », mais elle devient, paradoxalement, un outil de réécriture idéologique.
Source : Télérama
