
Confirmation du procès de Rodrigo Duterte par la Cour pénale internationale
Un panel de trois juges de la Cour pénale internationale (CPI) a confirmé, jeudi, que l’ancien président philippin Rodrigo Duterte peut être jugé pour des accusations de crimes contre l’humanité. Ces accusations concernent son rôle présumé dans la supervision d’une violente campagne anti-drogue durant son mandat de président des Philippines, de 2016 à 2022.
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Les juges ont affirmé qu’il existait des « éléments substantiels » pour soutenir les accusations selon lesquelles Duterte serait responsable de plusieurs dizaines de meurtres, tant en tant que maire de la ville de Davao qu’en tant que président. La CPI, basée à La Haye, a déclaré que les preuves contre Duterte étaient suffisantes pour permettre la tenue d’un procès, dont la date reste à déterminer.
Contexte des accusations
Les groupes de défense des droits de l’homme estiment qu’environ 30 000 personnes ont été tuées durant les six années de Duterte au pouvoir, tandis que la police nationale a rapporté 6 000 décès. De nombreux suspects ont été exécutés sommairement sans procès. Amnesty International a indiqué que les forces de police suivaient des listes non vérifiées de personnes supposées consommer ou vendre des drogues, envahissant leurs domiciles et abattant des individus non armés, y compris ceux qui ne représentaient aucun danger.
Les procureurs ont déclaré que des escadrons de la mort, agissant à la demande de Duterte, commettaient ces meurtres, souvent motivés par des promesses d’argent ou par la peur de devenir des cibles eux-mêmes.
Réactions et implications
Ritz Lee Santos, directeur d’Amnesty International Philippines, a qualifié la confirmation des charges par la CPI de « moment historique pour les victimes et la justice internationale ».
Duterte, âgé de 81 ans, nie les accusations portées contre lui. Il a été arrêté aux Philippines en mars 2025 et transféré à La Haye, où se trouve le siège de la CPI. Il a renoncé à son droit d’assister aux audiences. Récemment, les juges d’appel ont rejeté une demande de son équipe juridique visant à faire annuler l’affaire, arguant que la cour n’avait pas juridiction en raison du retrait des Philippines de la CPI.
Le principal avocat de la défense de Duterte, Nick Kaufman, a déclaré à l’Associated Press que la décision de la CPI reposait sur des « déclarations non corroborées de meurtriers autoproclamés agissant comme témoins coopérants ».
Source : DW.com




