
Les dissolutions de groupes visent-elles davantage l’ultradroite ou l’ultragauche ?
Après la mort de Quentin Deranque, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon affirme que l’exécutif est mobilisé contre les groupuscules violents.
Le gouvernement français a récemment annoncé son intention de lancer des procédures de dissolution contre des « émanations » de la Jeune garde, un mouvement antifasciste dissous en juin 2025. Cette décision fait suite à la mort de Quentin Deranque, un militant nationaliste identitaire, lors d’un affrontement entre un groupe d’ultradroite et des militants antifascistes à Lyon. Dans ce contexte, Maud Bregeon a réaffirmé l’engagement de l’exécutif à lutter contre les groupes violents, déclarant : « Nous avons procédé à des dissolutions, 25 dissolutions depuis 2017, d’ultragauche comme d’ultradroite, parce que nous ne hiérarchisons pas la dangerosité de ces différents groupuscules. »
Depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir en 2017, les gouvernements ont tenté de dissoudre ou ont effectivement dissous 51 associations ou groupements. Parmi ces dissolutions, 20 ont été liées à des accusations d’islamisme rigoriste, tandis que 25 concernaient des groupuscules politiques radicaux d’extrême droite ou d’extrême gauche. Cependant, une analyse des chiffres révèle que 20 de ces dissolutions visaient des groupes d’extrême droite, tels que le Bastion social et Génération identitaire, tandis que seulement cinq ont concerné des groupements d’extrême gauche. De plus, la moitié des dissolutions visant l’ultragauche ont été annulées par le Conseil d’État, qui a jugé que ces groupes ne prônaient pas la violence contre des personnes.
Historiquement, l’extrême droite est responsable de 90 % des meurtres politiques en France au cours des 40 dernières années et a causé dix fois plus de décès que l’extrême gauche. En ce qui concerne les dissolutions, près de quatre fois plus de groupes d’extrême droite ont été dissous depuis l’instauration de la loi de 1936 par rapport à ceux d’extrême gauche : 62 contre 17.
Cette situation soulève des questions sur l’efficacité et l’équité des mesures de dissolution prises par l’État. Alors que le gouvernement affirme agir de manière équilibrée entre les deux extrêmes, les statistiques montrent une tendance claire vers une répression plus marquée des groupuscules d’extrême droite.
Source : Franceinfo





