
Diabète–Hypertension : La génétique identifie les personnes à haut risque et ouvre la voie à une prévention personnalisée
L’hypertension artérielle et le diabète de type 2 sont fréquemment associés, augmentant significativement le risque d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) et de complications rénales. Des chercheurs des universités de Surrey (Royaume-Uni) et de Lille, au sein de l’unité « Multi-omique et physiopathologie des maladies métaboliques » (Inserm/CNRS/Université de Lille/CHU de Lille/Institut Pasteur Lille), ont mis en lumière cinq voies biologiques expliquant cette coexistence. En analysant des signatures génétiques, ils ont pu identifier des individus dont le risque de développer ces deux maladies est plus de deux fois supérieur à la moyenne, ouvrant la voie à des stratégies de prévention plus précoces et personnalisées.
Le diabète de type 2 et l’hypertension artérielle sont parmi les maladies chroniques les plus répandues mondialement, touchant des centaines de millions de personnes. Jusqu’à présent, cette association était souvent imputée à des facteurs tels que le surpoids, un mode de vie sédentaire, ainsi qu’une consommation excessive de sel et de sucres. Une étude publiée le 9 février dans Nature Communications révèle un terrain génétique complexe, indiquant que plusieurs mécanismes biologiques distincts peuvent contribuer à l’association entre diabète et hypertension.
Dans le cadre d’une analyse à grande échelle dirigée par le Pr Philippe Froguel et le Pr Inga Prokopenko, les chercheurs ont examiné 1 304 profils génétiques liés à ces deux conditions. Ils ont regroupé ces profils en fonction de leurs impacts sur divers paramètres métaboliques et cardiovasculaires, identifiant ainsi cinq grands profils de risque génétique. Ces profils sont associés à des mécanismes variés, tels que le syndrome métabolique, une production insuffisante d’insuline, un excès de masse grasse ou des dysfonctionnements vasculaires. L’étude met également en évidence l’implication de tissus et de voies biologiques au-delà du métabolisme, notamment ceux liés à la fonction thyroïdienne.
Le professeur Froguel souligne que ces résultats renforcent l’idée que la comorbidité cardiométabolique est multifactorielle. La génétique permet de mieux appréhender cette complexité et d’orienter des stratégies de prévention et de traitement davantage personnalisées, basées sur les mécanismes biologiques identifiés.
Il est à noter que la génétique n’est qu’un aspect de cette problématique. Des facteurs environnementaux, comportementaux et médicaux demeurent cruciaux dans l’évaluation du risque. Cependant, cette étude propose un cadre évolutif pour mieux comprendre et potentiellement prédire la comorbidité cardiométabolique en se basant sur des mécanismes biologiques précis.
Source : Inserm






