Deux ans après les émeutes, la Nouvelle-Calédonie reste divisée et peine à se reconstruire
En Nouvelle-Calédonie, les conséquences des émeutes de mai 2024 restent visibles, de Dumbéa à Yaté : destructions, difficultés économiques et tensions autour de l’avenir institutionnel. Le reportage de franceinfo publié le 24 juin 2026 évoquait un territoire toujours divisé. Depuis, les élections provinciales du 28 juin ont eu lieu, mais elles n’ont pas dégagé de majorité au Congrès.
Des dégâts qui pèsent encore sur la vie quotidienne
En mai 2024, des violences déclenchées dans un contexte de contestation d’une réforme du corps électoral ont frappé l’archipel. Le reportage de franceinfo faisait état de 14 morts et d’environ 2 milliards d’euros de dégâts. À Dumbéa, dans la province Sud de Nouvelle-Calédonie, le complexe commercial Kenu-In, incendié pendant les émeutes, illustre l’ampleur des pertes : le groupe estimait à environ 500 le nombre d’emplois susceptibles d’être concernés par sa reconstruction.
La situation du chantier a évolué depuis le reportage de juin. Dans un article publié le 25 septembre, le média local DNC indique que le déblaiement du site est terminé, mais que le projet de reconstruction reste suspendu à un accord avec les assureurs. Le groupe a demandé un permis de reconstruire ; une ouverture vers la fin de 2028 est envisagée si le financement se débloque et si les travaux peuvent démarrer. Ce calendrier reste donc conditionnel. (dnc.nc)
Les conséquences concernent aussi l’accès aux services. À Yaté, commune de la province Sud, le reportage de juin décrivait un dispensaire où le médecin habituel était absent et où son remplaçant ne venait qu’une fois par semaine. Il rapportait également le coût du trajet jusqu’à Nouméa comme un obstacle pour une patiente. Ces témoignages décrivent la situation observée lors du tournage ; les informations disponibles ici ne permettent pas de confirmer si l’offre médicale locale a changé depuis.
Une fracture politique toujours présente après le scrutin
Les élections provinciales annoncées comme imminentes dans l’article de franceinfo ont été organisées le 28 juin 2026. Elles ont renouvelé les assemblées des provinces Sud, Nord et des Îles Loyauté, dont une partie des élus siège aussi au Congrès. En province Sud, la liste conduite par Sonia Backès a obtenu 28 sièges sur 40. À l’échelle du Congrès, toutefois, les Loyalistes et le Rassemblement ont remporté 24 sièges sur 54 : aucun bloc n’a la majorité à lui seul, selon les résultats analysés par Les Nouvelles calédoniennes. (lnc.nc)
Le Congrès a ensuite élu, le 31 juillet, les onze membres du 19e gouvernement. Milakulo Tukumuli en a été élu président et Christopher Gygès vice-président. Cette mise en place institutionnelle ne signifie pas que les désaccords sur le statut du territoire ou le corps électoral sont réglés. Elle donne toutefois à la Nouvelle-Calédonie un nouvel exécutif, composé de représentants de plusieurs groupes politiques. (gouv.nc)
Ce qui reste à établir
Le reportage de juin évoquait quelque 18 000 départs en sept ans, une tendance qui se serait accélérée après les émeutes. Ce chiffre est rapporté par franceinfo ; il ne permet pas, à lui seul, de mesurer les départs intervenus depuis la publication. Les témoignages de personnes souhaitant quitter le territoire montrent aussi que l’insécurité et le manque de perspectives sont vécus différemment selon les habitants, sans résumer toutes les expériences.
Pour les habitants, les enjeux immédiats restent concrets : la reprise des commerces, l’emploi, l’accès aux soins et la capacité des élus à faire avancer des décisions malgré l’absence de majorité au Congrès. Le scrutin a renouvelé les assemblées, mais les informations disponibles ne permettent pas d’affirmer qu’il a rapproché les positions indépendantistes et non-indépendantistes. La reconstruction de Kenu-In, elle, dépend encore d’étapes financières et administratives.
Source : franceinfo- Statut de la Nouvelle-Calédonie
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