Des UJPE pour les mineurs délinquants : quand l’État joue les éducateurs à la petite semaine !
Le fait principal
La réforme des foyers de la protection judiciaire de la jeunesse, entrée en vigueur le 1ᵉʳ septembre, transforme les anciennes unités éducatives en unités judiciaires à priorité éducative (UJPE). L’objectif affiché : un meilleur suivi et une réinsertion personnalisée des jeunes délinquants.
Ce qui s’est passé
À Colmar, le 17 septembre, une nouvelle UJPE a été inaugurée. Le bâtiment, inchangé, arbore simplement une nouvelle plaque. Les changements se situent principalement au niveau de l’organisation, avec l’ajout d’une professeure technique et d’une infirmière à temps plein. Cette dernière, Elise Pagura, souligne : « Ça permet d’avoir un lien plus étroit avec eux. » Les éducateurs peuvent ainsi se concentrer sur d’autres aspects de leur mission.
Le contexte
Cette réforme, impulsée par le ministre de la Justice Gérald Darmanin, vise à spécialiser chaque centre éducatif. L’UJPE de Colmar se focalisera sur les jeunes impliqués dans des situations de violence, comme l’indique l’ancienne directrice, Louise Pimmel. Dans un contexte où la délinquance des mineurs est en baisse depuis 2016, cette transformation semble paradoxale. En effet, selon les statistiques, la part des mineurs mis en cause pour des violences physiques a chuté de 5 points entre 2016 et 2025.
Les chiffres à retenir
- 58 % des victimes de violences sexuelles sont des mineurs.
- 5 points de baisse des mineurs mis en cause pour violences physiques entre 2016 et 2025.
- 85 UJPE seront créées en France, regroupant 19 centres éducatifs fermés (CEF) et 66 unités éducatives d’hébergement collectif (UEHC).
Ce que cela révèle
Si la réforme promet une meilleure prise en charge, elle repose sur un transfert de moyens des CEF vers les UJPE, souvent au détriment des plus vulnérables. Thomas Lesueur, directeur national de la protection judiciaire de la jeunesse, clame que cette réforme rétablit une égalité devant le service public. Pourtant, le fait de réduire les ressources pour les CEF, qui accueillent des jeunes jugés plus difficiles, pose question. Les promesses d’une prise en charge individualisée semblent s’effacer face à la réalité des coupes budgétaires.
Ce qu’il faut retenir
La réforme des UJPE, bien qu’animée par de bonnes intentions, illustre une fois de plus les contradictions du gouvernement. En promettant une meilleure prise en charge, il semble plutôt opérer une redistribution des ressources qui pourrait nuire à ceux qui en ont le plus besoin. La communication et la réalité semblent, une fois encore, bien éloignées.
Sources : France Télévisions, Service public de la sécurité intérieure.
