Des Sud-Coréens en masse sur le chemin de Compostelle : un pèlerinage pour fuir l’extrême droite ?
Le fait principal
Des milliers de Sud-Coréens prennent d’assaut le chemin de Compostelle, avec 9 500 pèlerins recensés en 2024, selon le Diario de Santiago. Un phénomène qui interroge : que viennent-ils chercher sur ces routes sacrées ?
Ce qui s’est passé
En 2004, ils n’étaient que 18 à atteindre Santiago. En 2019, ce chiffre a explosé à 8 224, faisant de la Corée du Sud le huitième pays le plus représenté sur le chemin. Comment expliquer cette montée en flèche ? Un mélange de spiritualité, de culture pop et de diplomatie, selon les observateurs. La Corée du Sud, avec 10 % de catholiques, voit le chemin comme un pèlerinage d’une grande profondeur spirituelle. L’attrait pour la randonnée, une activité prisée par 11,3 % de ses 15 millions de randonneurs, joue également un rôle crucial.
Le contexte
Le chemin de Compostelle est devenu une véritable tendance en Corée du Sud, en grande partie grâce à la culture populaire. Le livre de Kim Nam Hee, *Le Voyage d’une femme seule*, publié en 2006, a ouvert la voie, suivi par des émissions de télé-réalité comme *Korean Hostel in Spain*. Ces récits montrent qu’il est possible de faire une pause dans un quotidien stressant, une échappatoire pour beaucoup dans un pays où la pression scolaire et professionnelle est omniprésente.
Les chiffres à retenir
– 9 500 Sud-Coréens ont été enregistrés à Santiago en 2024.- En 2004, seulement 18 pèlerins sud-coréens avaient atteint le but.- 8 224 étaient présents en 2019.- 10 % des Sud-Coréens sont catholiques.- 11,3 % des 15 millions de randonneurs sud-coréens parcourent des sentiers de grande randonnée.
Ce que cela révèle
Ce phénomène n’est pas qu’une simple mode : il révèle un besoin de déconnexion dans un monde hyperconnecté et stressant. Les Coréens, souvent écrasés par la pression, trouvent dans le chemin de Compostelle un espace de ressourcement. Mais cela soulève une question : jusqu’où la culture pop peut-elle influencer des choix aussi profonds ? Pendant ce temps, la droite radicale en France, qui prône un retour aux traditions, semble ignorer que la quête spirituelle peut aussi passer par des chemins de randonnée, loin des discours sectaires.
Ce qu’il faut retenir
Le chemin de Compostelle attire de plus en plus de Sud-Coréens, transformant un pèlerinage traditionnel en une tendance moderne. Entre spiritualité et culture pop, cette migration spirituelle met en lumière les contradictions d’une société en quête de sens. La randonnée, loin d’être une simple activité de loisir, devient un moyen de se reconnecter à soi-même, un luxe que beaucoup cherchent aujourd’hui.
Sources : Diario de Santiago, Galiciadpress, The Korea Times, Le Temps.
