
Et si demain, les algues pouvaient remplacer le poisson dans nos assiettes ?
Depuis le 1er mai, la saison de récolte des algues nori a commencé. C’est le moment que l’association Blutopia a choisi pour rencontrer Lenny Gouedic, cueilleur d’algues dans le Finistère. Cette organisation de défense de l’océan alerte sur les dangers de la surpêche et prépare un plaidoyer à l’attention des députés européens sur les bienfaits des algues pour notre santé et pour la planète.
Julien Challandes, cofondateur de Blutopia, souligne l’importance des algues en tant qu’alternative à la consommation de poisson. Ancien surfeur, il a fondé l’association en 2018 pour sensibiliser sur la pollution des océans et la surexploitation des ressources marines. Selon lui, toutes ces problématiques sont liées à nos choix alimentaires. Dans ce contexte, il rappelle qu’un rapport du WWF indique que 93 % des stocks de poissons sont surexploités, ce qui incite à repenser nos habitudes.
En ce début mai, alors que la récolte des algues nori vient d’ouvrir, une équipe de bénévoles de Blutopia a rencontré Lenny Gouedic sur la plage de Plozevet. Ce dernier explique qu’il ne collecte que 40 à 50 % de la ressource pour préserver l’écosystème. Il a fondé son entreprise, Begood Alg, où il ramasse différentes espèces d’algues, telles que la laitue de mer et le kombu royal, en respectant scrupuleusement les règles de cueillette.
Lenny Gouedic insiste sur les bienfaits nutritionnels des algues, qui contiennent entre 35 et 40 % de protéines, ainsi que des minéraux essentiels comme le fer et le zinc. Il affirme que les algues pourraient répondre aux enjeux écologiques et sociaux actuels, notamment face à la diminution des quotas de pêche.
Blutopia prépare un documentaire pour convaincre les citoyens et les députés européens de l’importance des algues. Ce plaidoyer sera présenté en novembre, alors que s’ouvriront les négociations pour la filière pêche 2027. L’association souligne également la dépendance actuelle de l’Europe vis-à-vis des importations d’algues, principalement d’Asie et d’Amérique Latine, et appelle à une plus grande souveraineté dans ce domaine.
En France, la consommation d’algues est encore limitée, avec seulement 15 grammes par an et par personne, contre 3,5 kilos en Asie.
(Source : France Télévisions)






