Des chercheurs africains réclament des outils adaptés, pendant que l’Europe prône l’uniformité !
Le fait principal
La 2e édition du colloque international de l’Observatoire de production et d’analyse du discours (OPAD) s’est tenue à Ouagadougou, du 25 au 26 septembre 2026, rassemblant des chercheurs de neuf pays pour discuter des théories et épistémologies africaines. Au cœur des débats, l’appel à une recherche ancrée dans les réalités du continent.
Ce qui s’est passé
Durant deux jours, plus d’une centaine de communications ont été échangées, abordant des thématiques variées allant de l’analyse énonciative aux discours religieux et politiques. Parmi les intervenants, le Pr Djédjé Hilaire Bohui a proposé un cadre d’analyse centré sur les « avertisseurs communicationnels africains », intégrant des éléments culturels et technologiques propres aux sociétés africaines.
Le contexte
Ce colloque s’inscrit dans un mouvement plus large visant à réévaluer les outils de recherche en sciences sociales en Afrique. Le Pr Sidiki Traoré, président du comité scientifique, a souligné que l’Afrique doit désormais être capable de parler d’elle-même, sans l’intervention de voix extérieures. Un objectif ambitieux, mais nécessaire, pour sortir d’une dépendance intellectuelle qui persiste depuis des décennies.
Les chiffres à retenir
- 100 communications présentées.
- Participants venus de 9 pays.
Ce que cela révèle
Cette initiative met en lumière une volonté de renouvellement scientifique sur le continent. Les chercheurs africains, au lieu de se contenter de consommer des théories importées, aspirent à devenir des « consom’acteurs » de leur propre savoir. Une belle ambition, mais qui nécessite des efforts soutenus pour créer des outils réellement adaptés aux contextes africains. En somme, une promesse d’autonomie intellectuelle qui pourrait bien déstabiliser les discours dominants, souvent teintés de paternalismes.
Ce qu’il faut retenir
Le colloque de l’OPAD n’est pas qu’un simple événement académique. Il représente un tournant potentiel dans la manière dont l’Afrique aborde ses propres récits. Les chercheurs s’attaquent à la nécessité de se réapproprier leurs outils d’analyse, défiant ainsi les stéréotypes qui ont longtemps prévalu. L’Afrique ne sera plus un sujet de discours, mais un acteur de sa propre narration.
Source : Burkina 24
