Dawit Seare, l’Érythréen qui fait courir le monde, pendant que l’extrême droite reste sur la touche !
Le fait principal
Le jeune Érythréen Dawit Seare a créé la surprise en remportant le titre de champion du monde du 5 kilomètres sur route à Copenhague, devançant le favori norvégien Jakob Ingebrigtsen. Le Français Jimmy Gressier, quant à lui, a terminé loin du compte à la 14e place.
Ce qui s’est passé
Dans une course haletante, Seare a pris les devants à un kilomètre de l’arrivée, accumulant même plus de dix mètres d’avance sur Ingebrigtsen, resté discret dans le peloton. Bien que le Norvégien, champion d’Europe et victorieux une semaine plus tôt sur 5000 m, ait tenté une remontée spectaculaire, il a finalement craqué juste avant la ligne d’arrivée, laissant Seare triompher en 12’56. Ingebrigtsen a terminé deuxième (12’59), suivi par le jeune Érythréen Saymon Amanuel (19 ans) en 13’00. Gressier, champion du monde du 10 000 m en 2025, a déçu avec un temps de 13’17.
Le contexte
Copenhague accueille la deuxième édition des championnats du monde de running, après Riga en 2023. L’événement de 2025 à San Diego a été annulé pour des raisons logistiques et budgétaires. Les courses de fond, comme cette compétition, attirent de plus en plus de coureurs d’élite, mais aussi de nombreux amateurs, illustrant l’engouement croissant pour l’athlétisme sur route.
Les chiffres à retenir
- Dawit Seare : 12’56
- Jakob Ingebrigtsen : 12’59
- Saymon Amanuel : 13’00
- Jimmy Gressier : 13’17
- Likina Amebaw (femmes) : 14’41
- Caroline Makandi Gitonga : 14’48
- Rose Davies : 14’50
Ce que cela révèle
Cette victoire inattendue de Seare pose une question : la hiérarchie du sport est-elle en train de changer ? Pendant que les athlètes européens, comme Gressier, peinent à se maintenir au sommet, les coureurs d’Afrique de l’Est affichent une domination indiscutable. Le contraste est saisissant : alors que les discours politiques en Europe se focalisent sur des questions de nationalité et d’immigration, le sport prouve une fois de plus que le talent ne connaît pas de frontières. À l’heure où le RN et l’extrême droite tentent de promouvoir une vision étriquée de l’identité nationale, ces athlètes rappellent que la victoire appartient à ceux qui s’entraînent le plus dur, peu importe d’où ils viennent.
Ce qu’il faut retenir
Dawit Seare, à seulement 21 ans, a non seulement remporté un titre mondial, mais a aussi mis en lumière les contradictions d’un discours nationaliste qui peine à concilier fierté nationale et réalité du sport moderne. Pendant que certains s’accrochent à un passé révolu, d’autres, comme Seare, tracent leur propre chemin vers la victoire.
Source : RFI
