
Dans la Nièvre, la chasse aux blaireaux autorisée pendant quatre mois supplémentaires : « c’est condamner à mort les petits ! »
La préfecture de la Nièvre autorise le déterrage des blaireaux pendant quatre mois supplémentaires, du 15 mai au 30 juin puis du 1er juillet au 14 septembre. Une mesure décriée par la LPO de Bourgogne-Franche-Comté.
Cette décision a suscité une vive réaction de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) de Bourgogne-Franche-Comté, qui la qualifie de « nouveau massacre injustifié« . La LPO organise une opération de tractage le 15 mai à Nevers, square de la Résistance, de 16 heures 30 à 19 heures, pour protester contre deux arrêtés pris par la préfecture.
Les arrêtés autorisent la chasse par vénerie sous terre, ou déterrage, des blaireaux. Selon la LPO, une étude menée de 2003 à 2012 montre que les petits blaireaux naissent principalement entre janvier et avril et sont sevrés à l’âge de quatre mois. Toutefois, ils restent dépendants de leur mère pendant plusieurs mois après le sevrage. La LPO souligne : « Tuer la mère entre juin et septembre, c’est condamner à mort les petits !«
La pratique de la vénerie sous terre tue sans distinction les jeunes et les adultes, alors que l’article L.424-10 du code de l’Environnement interdit de détruire, d’enlever, de vendre, d’acheter et de transporter les portées de mammifères dont la chasse est autorisée.
La préfecture, de son côté, défend sa décision en affirmant que le blaireau est « une espèce bien représentée dans le département » et que la pratique de la vénerie sous terre n’a pas affecté l’équilibre biologique de l’espèce.
En 2024, une étude de la fédération des chasseurs de la Nièvre estimait le nombre de blaireaux à plus de 10 000 dans le département, justifiant des problèmes de dégâts agricoles et d’infrastructures. La vénerie sous terre pourrait permettre l’abattage de 50 à 150 blaireaux chaque année.
Il est à noter que l’année précédente, des arrêtés similaires avaient été annulés par le tribunal administratif de Dijon. En 2025, douze arrêtés ont été suspendus à l’échelle nationale, permettant de sauver plus de 1 000 blaireaux, selon la LPO BFC.
Source : France 3 Bourgogne-Franche-Comté




