
Cyril Julian : du haut niveau au sport santé, l’autre match d’une vie
Ancien international français, médaillé olympique et figure du basket tricolore, Cyril Julian a changé de terrain. À 52 ans, l’ex-intérieur des Bleus consacre désormais son quotidien à l’activité physique adaptée, au service de personnes en situation de fragilité. Une reconversion construite loin des projecteurs, mais ancrée dans une conviction forte : le sport peut soigner.
Pendant plus de quinze ans, Cyril Julian a incarné une génération du basket français. Avec 135 sélections en équipe de France, il a construit un palmarès solide entre la France et l’Espagne, remportant plusieurs championnats de France, un titre européen et une médaille olympique à Sydney en 2000. Sa carrière l’a conduit à Paris, Nancy, Pau-Orthez, Valence et Gérone. « J’ai commencé professionnel à 19 ans et j’ai arrêté à 35 ans », résume-t-il. À la fin de son parcours, il envisageait de rejoindre un staff technique, mais cela ne s’est pas concrétisé. « J’étais censé rejoindre le SLUC Nancy, mais ça ne s’est pas fait. À partir de là, il a fallu réfléchir autrement. »
La transition vers le sport santé ne s’est pas faite immédiatement. Elle est née d’une rencontre et d’un constat : « On m’a expliqué qu’il manquait une offre d’activité physique adaptée pour les personnes en situation d’obésité. » Pour comprendre concrètement les défis rencontrés par ces publics, il a mené une expérience à l’université de Lausanne, portant un costume simulant l’obésité sévère. « J’ai pesé 200 kilos pendant quelques jours. » Ce point de départ a conduit à la création d’un programme spécifique, lancé à Nancy au sein du centre « En Formes », où il s’implique en tant qu’associé. Depuis 2012, le dispositif a vu passer plus de 4000 personnes en situation d’obésité ou de maladie chronique.
Aujourd’hui, son quotidien s’articule autour de plusieurs structures, avec plus d’une centaine de patients suivis chaque semaine. Sa méthode repose sur un entretien initial approfondi, visant à comprendre les attentes et les limites de chacun. « J’adapte tous les exercices conventionnels pour que la personne soit toujours dans une dynamique positive et de réussite. »
Cyril Julian travaille avec une équipe pluridisciplinaire, comprenant psychologues, nutritionnistes et chirurgiens. Pour lui, l’activité physique est un « médicament naturel » qui aide les gens à aller mieux. Il est également référent national pour le groupe SOS Santé et ambassadeur du groupe Harmonie Mutuelle. En parallèle, il continue à participer à des compétitions de triathlon à un niveau élevé.
Son engagement ne s’arrête pas là. Il a cofondé l’association « We Are Finishers », visant à donner une visibilité au sport santé. L’objectif est de montrer que tout reste possible, même pour ceux atteints de maladies chroniques. « Grâce à cette association, on montre que non, ce n’est pas figé et qu’on peut faire des choses. » Des défis sportifs progressifs, tels que triathlons et semi-marathons, sont proposés aux participants.
Malgré les avancées, Cyril Julian estime que le sport santé en France est encore en développement. « Même si on a déjà des choses intéressantes, on en est au balbutiement. » Il appelle à la reconnaissance institutionnelle de l’activité physique adaptée, notamment pour permettre aux médecins de prescrire cette activité remboursée. En attendant, il continue à œuvrer pour le bien-être des personnes qu’il accompagne, motivé par le désir de les voir aller mieux et retrouver le plaisir de vivre.
Source : Sport Mag



