
Crise de l’enseignement : une situation préoccupante
Comme le rapportait le Haut-Commissariat à la stratégie et au plan en juin dernier, lors de la rentrée 2024, 3 200 postes d’enseignants n’étaient pas pourvus. Bien que la situation se soit améliorée pour la rentrée 2025 avec 1 978 postes vacants, cela reste préoccupant. Cette baisse de 38 % des postes vacants signifie que 1 978 cours sur le territoire ne pouvaient pas être assurés par manque de professeurs. Cette crise semble différente des précédentes qu’a connues l’Éducation nationale.
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Une crise structurelle
Selon Joanna Barasz, qui a réalisé l’étude « Enseigner : une vocation à reconstruire, un équilibre à restaurer » pour le Haut Commissariat à la stratégie et au plan, les crises de l’éducation au XXe siècle étaient ponctuelles, souvent liées à des fluctuations démographiques ou à des exigences accrues lors du recrutement des enseignants. En revanche, la crise actuelle est décrite comme « structurelle », profondément enracinée et durable, nécessitant une refonte des pratiques actuelles.
Depuis les années 2000, le nombre de candidatures pour les postes d’enseignants a diminué, avec un léger sursaut en 2014. En 2024, 9 945 postes étaient offerts, mais seulement 29 412 candidats se sont présentés, laissant une marge de manœuvre réduite pour recruter des enseignants compétents. Si cette tendance se poursuit, le risque de vacance des postes pourrait s’aggraver.
Répartition inégale des postes vacants
Cette crise des candidatures n’est pas uniforme sur le territoire. Certaines académies, comme celles de Versailles et de Créteil, ainsi que des matières comme les mathématiques et les lettres modernes, sont plus durement touchées. En outre, la baisse des inscriptions dans les formations menant aux métiers de l’enseignement est significative, avec une chute de 23 % des inscriptions en master MEEF entre 2016 et 2023.
Hausse des départs spontanés
En parallèle, on observe une hausse des départs spontanés des enseignants. En 2012-2013, ces départs représentaient 2 % des départs totaux, tandis qu’en 2022-2023, ils atteignaient 15 %. Ce phénomène soulève des questions sur l’attractivité et la fidélisation des enseignants.
Malgré une perception globalement positive du métier par la population, les enseignants ressentent une dévalorisation de leur profession. En effet, bien que 83 % des enseignants estiment que leur travail est utile, seulement 7 % pensent que leur profession est appréciée dans la société.
Conclusion
Les éléments extérieurs, tels que les relations avec les parents d’élèves et le manque de soutien de la hiérarchie, semblent nuire à la perception du métier. Les enseignants se sentent insuffisamment reconnus et mal rémunérés, ce qui pourrait avoir des conséquences sur la pérennité de l’Éducation nationale.
Source : Haut-Commissariat à la stratégie et au plan.






