Couvre-feu pour mineurs : quand les maires jouent aux petits chefs en France, mais pas pour tous !
Le fait principal
Agen, petite ville du Lot-et-Garonne, fait parler d’elle avec la promesse d’un couvre-feu pour les mineurs de moins de 16 ans, non accompagnés, entre 23 heures et 5 heures. Une me « choc » annoncée par le Rassemblement national (RN) qui suscite des réactions vives.
Ce qui s’est passé
Le maire sortant, Jean Dionis, a rapidement dénoncé cette initiative comme « illégale, inefficace et dangereuse ». Pourtant, selon les règles de la police municipale, un maire peut effectivement instituer un couvre-feu, à condition de respecter trois critères : la durée, le danger et la proportionnalité. Mais le débat sur l’efficacité de telles mes reste ouvert, comme le montre l’exemple du tribunal administratif de Lyon, qui a récemment suspendu un arrêté similaire.
Le contexte
L’instauration de couvre-feux pour les mineurs n’est pas une nouveauté en France. Des villes comme Nice et Béziers, dirigées par des maires d’extrême droite, ont réussi à maintenir leurs propres restrictions, justifiées par des statistiques alarmantes sur la délinquance juvénile. En revanche, d’autres décisions judiciaires, comme celle concernant Mions, soulignent le risque d’illégalité de telles mes.
Les chiffres à retenir
À Nice, le nombre de victimes d’infractions pour 1 000 habitants était supérieur à la moyenne française en 2023. De plus, le nombre de mineurs de moins de 13 ans interpellés a augmenté de 50 % par rapport à l’année précédente, avec 52 % des interpellations liées au trafic de stupéfiants dans certains quartiers. Ces chiffres sont souvent utilisés par les élus pour justifier des mes restrictives.
Ce que cela révèle
Le RN, en prônant un couvre-feu, cherche à capitaliser sur la peur et l’insécurité. Mais la réalité est plus complexe : alors que certains maires peuvent justifier leurs décisions par des données chiffrées, d’autres se heurtent à des jugements qui rappellent que la répression ne remplace pas la prévention. La contradiction est frappante : d’un côté, le RN promet la sécurité, de l’autre, la légalité de ses mes est mise en question.
Ce qu’il faut retenir
La promesse d’un couvre-feu à Agen est révélatrice des tensions politiques autour de la sécurité. Entre promesses électorales et réalité juridique, le RN risque de se heurter à des décisions qui pourraient bien contrecarrer ses ambitions. La sécurité des mineurs ne devrait pas se réduire à des mes populistes, mais nécessiter une approche réfléchie et respectueuse des droits.
Source : Sud Ouest
