
Lancement d’Artemis-2 et la nouvelle course à la Lune
En 2026, un lancement très attendu est prévu : celui d’Artemis-2, la deuxième mission du programme d’exploration lunaire Artemis, initié en 2017 par la NASA et ses partenaires. Parallèlement, la Chine prévoit d’envoyer une mission robotisée, Chang’e-7, au pôle Sud lunaire, tandis que l’Inde se prépare pour l’alunissage de Chandrayaan-4 en 2027.
La mission Artemis-2, qui doit transporter quatre astronautes pour survoler la Lune, évoque des résonances de la guerre froide, rappelant le programme Apollo. La fusée SLS, haute de cent mètres, rappelle la Saturn-5, et la capsule Orion s’inspire du Command Module d’antan, avec des panneaux solaires en supplément. La rhétorique américaine semble également réactiver l’idée d’une nouvelle course spatiale, cette fois-ci contre la Chine.
Évolution de l’exploration lunaire
Contrairement à la conquête spatiale des années 1960, dominée par les États-Unis et l’URSS, la Lune est désormais une destination prisée par de nombreuses nations. L’intérêt pour notre satellite naturel a considérablement augmenté au cours de la dernière décennie, après une période de désintérêt post-Apollo. Les États-Unis ont réagi à l’essor spatial chinois en lançant progressivement le programme Artemis, visant à ramener des astronautes sur la Lune d’ici 2030.
Le programme ILRS (International Lunar Research Station), lancé par la Chine et la Russie en mars 2021, vise des objectifs similaires mais avec un calendrier différent. La Russie a déjà tenté d’atteindre la Lune avec la mission Luna 25, tandis que la Chine continue son programme Chang’e, avec la mission Chang’e-7 prévue pour fin 2026.
L’Inde, avec son programme Chandrayaan, a réussi à atteindre le pôle Sud lunaire avec Chandrayaan-3 en août 2023. Le Japon, quant à lui, mène des missions robotisées, notamment en coopération avec des start-ups comme ispace, visant à explorer les ressources spatiales.
Coopération et géopolitique
Les programmes Artemis et ILRS illustrent une nouvelle dynamique de coopération internationale. Les États-Unis collaborent avec des pays européens, le Japon et le Canada, tandis que la Chine et la Russie cherchent à établir des partenariats avec plusieurs nations. Cette internationalisation des ambitions lunaires témoigne d’une évolution de la géopolitique spatiale, qui se déplace d’un axe Est-Ouest vers un axe Nord-Sud.
Défis juridiques et environnementaux
Le programme Artemis introduit également des innovations juridiques concernant la propriété des ressources spatiales, remettant en question le cadre établi par le traité de l’Espace de 1967. Les États-Unis ont adopté des lois permettant l’appropriation des ressources extraites dans l’espace, suscitant des inquiétudes au sein de la communauté internationale.
Enfin, la question du coût environnemental et budgétaire des programmes d’exploration lunaire devient cruciale dans le contexte actuel. Le coût global du programme Artemis est estimé à environ 93 milliards de dollars jusqu’en 2025, soulevant des interrogations sur la viabilité de ces ambitions face aux défis environnementaux contemporains.
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