
Accusation de harcèlement et menaces de mort : un conflit entre une famille et une professeure de collège dégénère
Au collège des Thermes de Luxeuil-les-Bains (Haute-Saône), un rendez-vous de suivi d’un élève en avril dernier s’est terminé par des menaces de mort. Les enseignants étaient en grève pour dénoncer ces faits, ce lundi 18 mai. De son côté, la famille a déposé plainte contre une professeure pour harcèlement.
Les professeurs du collège des Thermes ont observé une grève totale, marquant une solidarité sans précédent envers une de leurs collègues, accusée de harcèlement par un élève de quatrième. Dans sa déposition à la gendarmerie le 22 avril, l’élève a évoqué des cris et des insultes de la part de l’enseignante.
Dans un communiqué daté du 12 mai, la section syndicale SNES – FSU du collège a mentionné des « propos insultants, manifestations hostiles et menaces de mort de la part de certains parents », conduisant la mairie à dénoncer un « climat de défiance » et à appeler à « une réaction collective ».
La situation a été exacerbée par une rencontre entre la famille de l’élève et le personnel éducatif, qui a dégénéré en injures et menaces de mort à l’encontre des enseignants présents. Les enseignants soulignent que cette situation n’est pas isolée et évoquent des incidents similaires avec d’autres familles.
La famille mise en cause, représentée par Alexandra R., mère de l’élève, a également organisé un contre-rassemblement le même jour pour soutenir d’autres familles qui, selon elle, subissent des violences psychologiques au sein de l’établissement. Dans sa plainte, son fils a rapporté avoir été humilié par l’enseignante, une situation qui aurait débuté à la rentrée 2025.
Alexandra R., mère de sept enfants, dont trois scolarisés au collège, déclare : « Il n’y a pas une heure de cours où elle ne l’humilie pas. » Elle insiste sur la distinction entre des sanctions justifiées et ce qu’elle qualifie d’acharnement.
D’autres élèves présents lors du rassemblement ont également témoigné d’incidents similaires d’humiliation. Alexandra R. affirme avoir recueilli une trentaine de témoignages d’élèves, dont une vingtaine concernent cette même enseignante.
Le fils d’Alexandra R., qui avait de bons résultats scolaires auparavant, a développé des troubles d’hyperactivité au cours des derniers mois. Diagnostiqué TDAH et en cours d’évaluation pour un syndrome de Gilles de la Tourette, il a vu son état se détériorer, nécessitant une prise en charge psychologique.
La posture de l’établissement, selon la mère, a conduit à des menaces de mort prononcées par son mari lors d’un rendez-vous avec l’administration. Ce dernier a été placé en garde à vue après s’être dénoncé à la gendarmerie. L’élève, présent lors de l’incident, a depuis été hospitalisé et suit un traitement psychologique.
La professeure accusée a été entendue par la gendarmerie de Lure et reste présumée innocente. Les enseignants, dans leur communiqué, appellent à un climat de travail plus serein, affirmant que « personne ne doit craindre d’être agoni d’injures et menaces de mort ».
L’inspection d’académie a déclaré avoir pris connaissance de la situation et demeure attentive au climat au sein de l’établissement.
Source : France 3 Franche-Comté.





